La nouvelle ère protectionniste de Trump, par WSJ

La nouvelle ère protectionniste de Trump

Faire exploser le système commercial mondial a des conséquences que le président se garde bien d’annoncer.

Le président Trump a dévoilé mercredi ses nouveaux droits de douane pour le « jour de la libération », qui constituent un nouveau grand pas vers une nouvelle ère de protectionnisme commercial. En supposant que cette politique se maintienne – et nous espérons que ce ne sera pas le cas -, elle équivaut à une tentative de refonte de l’économie américaine et du système commercial mondial.

Tous les détails ne sont pas clairs à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais les tarifs douaniers de M. Trump n’ont de « réciproque » que le nom. Tout d’abord, il impose à tous les pays du monde des droits de douane de base de 10 % pour vendre sur le marché américain. Pour ceux qu’il qualifie de « mauvais élèves », il additionne les droits de douane appliqués par le pays sur les produits américains, ainsi qu’une estimation arbitraire du coût de la « manipulation des devises » et des barrières non tarifaires. Il prend ensuite ce chiffre total et en applique la moitié en droits de douane sur les exportations du pays vers les États-Unis.

Il frappe la Chine d’un droit de douane de 34 %, mais nos amis japonais paieront presque autant, soit 24 %. L’Union européenne est frappée à hauteur de 20 % et l’Inde à hauteur de 24 %. Nous examinerons les détails plus en détail dans les jours à venir, mais pour aujourd’hui, considérons certaines des conséquences qui émergent déjà dans cette nouvelle ère protectionniste :

Nouveaux risques économiques et incertitude. L’impact économique global du barrage tarifaire de M. Trump est inconnu, notamment parce que nous ne savons pas comment les pays vont réagir. Si les pays tentent de négocier avec les États-Unis pour réduire les droits de douane, les dommages pourraient être moins importants. Mais si la réponse est une riposte généralisée, il pourrait en résulter un rétrécissement du commerce mondial et un ralentissement de la croissance, une récession, voire pire.

Les coûts seront certainement plus élevés pour les consommateurs et les entreprises américains. Les droits de douane sont des taxes, et lorsque vous taxez quelque chose, vous en obtenez moins. Le prix des voitures augmentera de plusieurs milliers de dollars, y compris celles fabriquées en Amérique. M. Trump prend la décision délibérée de transférer la richesse des consommateurs vers les entreprises et les travailleurs protégés de la concurrence par des tarifs douaniers élevés.

Au fil du temps, cela se traduira par une érosion progressive de la compétitivité des États-Unis. Les droits de douane qui émoussent la concurrence favorisent les profits monopolistiques tout en réduisant la nécessité d’innover. C’est l’histoire des industries américaines de l’acier et de l’automobile dans les années 1950 et 1960, avant que la concurrence mondiale ne mette en évidence leurs faiblesses.

Le préjudice causé aux exportations américaines. L’un des objectifs commerciaux des États-Unis est depuis longtemps d’élargir les marchés pour les biens et services américains. Les administrations des deux partis ont conclu des accords commerciaux, bilatéraux et multilatéraux, pour y parvenir. Apollo Global Management affirme que 41 % des revenus des entreprises du S&P 500 proviennent de l’étranger.

Les droits de douane unilatéraux de M. Trump font exploser ces accords et invitent à des représailles. Les exportations américaines souffriront directement des tarifs douaniers de rétorsion. Et elles souffriront indirectement lorsque d’autres pays concluront des accords commerciaux accordant un traitement préférentiel aux entreprises non américaines. Pensez à la manne de soja du Brésil après les droits de douane imposés à la Chine par M. Trump au cours de son premier mandat.

Un marécage plus grand à Washington. Les droits de douane imposent des coûts que les entreprises voudront éviter. Ils constitueront donc une manne pour les lobbyistes à Washington (Beltway), car les entreprises et les pays chercheront à être exemptés de telle ou telle taxe frontalière.

M. Trump affirme qu’il n’y aura pas d’exemptions tarifaires. Mais attendez-vous à voir cette promesse s’évanouir à mesure que les politiciens, y compris M. Trump, verront dans les exemptions un moyen d’obtenir des contributions électorales de la part des entreprises. Le jour de la libération est le jour de l’achat d’un autre yacht pour le marais.

La fin du leadership économique américain. La Grande-Bretagne a joué ce rôle pendant la Première Guerre mondiale, mais elle était trop affaiblie par la guerre pour continuer. Les États-Unis n’ont repris le flambeau qu’après la dépression et la Seconde Guerre mondiale. Le leadership américain et la décision d’étendre le libre-échange ont produit sept décennies de prospérité généralement croissante, tant au niveau national qu’à l’étranger. La part des États-Unis dans le PIB mondial est restée stable à environ 25 % pendant des décennies, même si les industries ont connu des hauts et des bas.

Cette ère est en train de s’achever, M. Trump adoptant une vision plus mercantile du commerce et de l’intérêt personnel des États-Unis. Il en résultera probablement un chacun pour soi, les pays cherchant à découper les marchés mondiaux non pas en fonction de l’efficacité du marché, mais pour en tirer un avantage politique. Dans le pire des cas, le système de commerce mondial pourrait se transformer en une politique du « chacun pour soi », comme dans les années 1930.

Le coût de la perte d’influence américaine sera considérable. M. Trump pense que l’attrait du marché américain et la puissance militaire américaine suffisent à plier les pays à sa volonté. Mais la puissance douce compte aussi, et cela inclut la capacité à faire confiance à la parole de l’Amérique en tant qu’allié et partenaire commercial fiable. M. Trump brise cette confiance en punissant ses alliés et en faisant exploser l’USMCA qu’il avait négocié lors de son premier mandat.

Une opportunité majeure pour la Chine. La grande ironie des tarifs douaniers de M. Trump est qu’il les justifie en partie comme un outil diplomatique contre la Chine. Pourtant, au cours de son premier mandat, M. Trump a abandonné l’accord commercial Asie-Pacifique qui excluait la Chine. Depuis, Pékin a conclu son propre accord avec bon nombre de ces pays.

Le nouvel assaut tarifaire de M. Trump donne à la Chine une nouvelle occasion d’utiliser son vaste marché pour courtiser les alliés américains. La Corée du Sud et le Japon sont les premières cibles, mais l’Europe est également sur la liste de la Chine. Le resserrement des liens commerciaux avec la Chine, dans un contexte de doutes sur l’accès au marché américain, rendra ces pays moins enclins à se joindre aux États-Unis pour imposer des contrôles sur les exportations de technologies vers la Chine ou pour interdire le prochain Huawei.

Cette liste est loin d’être exhaustive, mais nous la proposons comme matière à réflexion alors que M. Trump construit son nouveau monde protectionniste. La refonte de l’économie mondiale a des conséquences importantes, et il se peut qu’elles n’aboutissent pas toutes à ce que M. Trump présente comme un nouvel « âge d’or ».

P.S. Ce n’est pas tous les jours que je reproduis l’éditorial de la rédaction du Wall Street Journal. En fait, c’est la première fois, bien entendu. Mais que voulez-vous ? quand un hurluberlu fait l’unanimité contre lui …

Pour que le Wall Street Journal dénonce les lobbyistes il faut que le monde soit vraiment en train de changer !

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50 réponses à “La nouvelle ère protectionniste de Trump, par WSJ”

  1. Avatar de Jean-Baptiste AUXIETRE
    Jean-Baptiste AUXIETRE

    Alors aux États-Unis il n’y a pas de TVA (20% ou plus en Europe) donc que les USA applique une taxe de 20% ne serait qu’un équivalent ! Sur les bagnoles américaines (que nous qualifions de SUV) nous ajoutons une taxe de 25% (et que nous n’achetons pas !)(D’où leur calcul pro bagnole qui arrive à 39% voilà comment ils arrivent à ce chiffre) .Donc calmons nous !!! Négocions avec les autres pays du monde (ensemble) (et non avec les USA dans la précipitation) pour tous appliquer une taxe vers les USA rédhibitoires mais ensemble car en effet les USA ne comprennent plus comment ils dépendent aussi et autant des autres pays. Vive la taxe mondiale vers US à 1000% ! Et laissons seulement Poutine leur vendre des produits…(du gaz et du pétrole dont ils n’ont pas besoin). Au pire comme nous ne voulons pas regarder et négocier avec les chinois (à tort (seulement à mon avis)) attendons ce qu’il font !

    1. Avatar de Paul Jorion

      Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de TVA au niveau fédéral aux États-Unis qu’il n’y a pas d’équivalent au niveau local.

      ChatGPT 4.5 :

      Aux États-Unis, la notion d’**impôt d’État** (« state tax ») désigne les impôts prélevés par chaque État individuellement, par opposition à l’impôt fédéral collecté par le gouvernement central. Les impôts d’État varient fortement d’un État à l’autre et comprennent généralement :

      1. **L’impôt sur le revenu (« state income tax »)** :
      – Taxe sur les revenus des personnes physiques et morales.
      – Les taux diffèrent considérablement : la Californie, par exemple, impose un taux maximal de 13,3 %, alors que certains États comme le Texas, la Floride, le Nevada, l’Alaska, Washington, le Wyoming, le Dakota du Sud ou le Tennessee **ne prélèvent aucun impôt sur le revenu**.

      2. **La taxe sur les ventes (« sales tax »)** :
      – Taxe à la consommation appliquée aux biens et services au moment de leur achat.
      – Varie habituellement de **4 % à 10 %** selon les États, avec parfois des taxes locales (comtés ou villes) supplémentaires.

      3. **L’impôt foncier (« property tax »)** :
      – Taxe appliquée sur la valeur de propriétés immobilières, voire parfois sur les biens personnels (véhicules, par exemple).
      – Les taux varient fortement selon l’État ou même le comté, généralement compris entre **0,5 % et 2,5 %** de la valeur estimée de la propriété chaque année.

      4. **L’impôt sur les sociétés (« corporate tax »)** :
      – Prélevé sur les bénéfices réalisés par les entreprises, avec des taux variant fortement selon les États.

      5. **Les taxes d’accise (« excise tax »)** :
      – Taxes spéciales appliquées à des biens spécifiques tels que l’essence, l’alcool, le tabac ou certains produits de luxe.

      6. **Les droits de succession ou d’héritage (« estate or inheritance tax »)** :
      – Taxes imposées sur le transfert du patrimoine après le décès d’une personne.
      – Quelques États américains prélèvent leurs propres droits successoraux ou taxes sur l’héritage, indépendamment de l’impôt fédéral sur les successions.

      Globalement, l’**impôt d’État** aux États-Unis varie fortement selon l’État concerné, les juridictions locales, ainsi que selon le type précis d’impôt.

    2. Avatar de François M
      François M

      @Jean-Baptiste AUXIETRE

      La TVA, comme le malus écologique, s’appliquent à tous, que le produit soit importé ou qu’il soit créé sur place. Il n’y a donc aucun privilège pour les producteurs locaux en Europe.

      Les droits de douane, eux, n’agissent que sur les produits importés. Il est surprenant que vous ne voyez aucune différence !

      1. Avatar de Jean-Baptiste AUXIETRE
        Jean-Baptiste AUXIETRE

        Je la vois mais eux non ! Eux considèrent que le vrai prix de leur produit n’est pas cela et donc qu’on le taxe (ce qui est vrai)

      2. Avatar de Ruiz
        Ruiz

        La TVA est un impôt sur la consommation, il ne touche pas les investisseurs du secteur économique (elle est même remboursée !). Elle favorise l’investissement (pas forcément productif : rénovation de magasin ..) des acteurs économiques, mais pas ceux des particuliers qui construisent leur maison, ou des collectivités qui construisent des écoles. Son taux peut être variable suivant le produit (produit considéré de luxe) et donc être sélectif pour les importations.
        L’impôt sur le revenu touche le revenu (y compris les revenus financiers d’activités économliques à l’étranger) à la base et devient un peu plus indolore (invisible) comme la TVA depuis qu’il est prélevé à la source.
        Il est de ce fait encore plus facilement indiscernable des cotisations sociales obligatoires (ou liées au contrat de travail) , ramenées dans l’esprit de beaucoup au statut de taxes, en cela encouragés par la prise en charge de déficits par l’État et les décisions d’allègement de taux non compensées.
        Les cotisations sociales ne touchent pas les produits importés.
        Face à un deficit commercial important qui traduit un déséquilibre apparemment caché par des investissements financiers étrangers correspondant à un endettement net persistant, s’l convient de le réduire, l’augmentation des taxes douanières est un outil adapté, la baisse des cotisations sociales, moins directe en est un autre et pourrait être considérée comme une triche (Que Trump évoque sans invoquer ce mécanisme).

        Que le stagiaire qui a élaboré le tableau de Trump avec un outil excel et une liste exhaustive de pays, ait préféré considérer la TVA comme une taxe à intégrer dans sa formule parce que ça l’arrangeait dans sa démonstration pourquoi pas ?

        1. Avatar de CloClo
          CloClo

          Un impôt n’est pas une taxe et vice et versa, du moins en théorie ! Alors dire que la TVA est un impôt indirect c’est le summum. Mais comme on mélange tout, les tours de passe passe et les basculement au gré des « besoins » sont ainsi plus faciles à réaliser.

  2. Avatar de blawete
    blawete

    La dernière fois que les États-Unis ont augmenté brutalement les droits de douane ca s’est mal passé
    https://youtu.be/jrLsjsXAHNo?si=Eav7NOrNjwOJhXug

  3. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/04/regulating-imports-with-a-reciprocal-tariff-to-rectify-trade-practices-that-contribute-to-large-and-persistent-annual-united-states-goods-trade-deficits/

    Réglementer les importations au moyen d’un tarif réciproque afin de corriger les pratiques commerciales qui contribuent à l’importance et à la persistance des déficits annuels du commerce des biens aux États-Unis
    Décrets présidentiels
    2 avril 2025

    *********
    Synthèse GPT4 du décret

    Le décret signé par le président américain Donald Trump le 2 avril 2025 impose des droits de douane réciproques afin de corriger les déséquilibres commerciaux entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux. Voici une synthèse détaillée :

    ### Contexte et Objectifs
    Le décret vise à répondre aux déficits commerciaux annuels importants et persistants des États-Unis, qui sont considérés comme une menace pour la sécurité nationale et économique. Ces déficits sont attribués à des taux de droits de douane disparates, des barrières non tarifaires et des politiques économiques des partenaires commerciaux qui réduisent la compétitivité des exportations américaines.

    ### Mesures Clés
    1. **Imposition de droits de douane réciproques** :
    – Un droit ad valorem additionnel de 10 % est appliqué à toutes les importations aux États-Unis à partir du 5 avril 2025.
    – À partir du 9 avril 2025, des taux spécifiques par pays sont introduits pour certains partenaires commerciaux.

    2. **Exemptions** :
    – Certains produits, comme l’acier, l’aluminium, les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques, sont exemptés des droits additionnels.

    ### Droits de Douane par Pays
    Voici les taux de droits de douane appliqués par pays :
    – **Union Européenne** : 20 %
    – **Chine** : 34 %
    – **Vietnam** : 46 %
    – **Royaume-Uni** : 10 %
    – **Suisse** : 31 %

    Ces mesures visent à rééquilibrer les relations commerciales et à renforcer la capacité manufacturière nationale des États-Unis.

    Le Canada et le Mexique semblent être exemptés de ces nouveaux tarifs, bien que certains produits spécifiques soient déjà soumis à des droits additionnels.

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      Complément:

      https://www.msn.com/es-es/noticias/internacional/los-aranceles-anunciados-por-trump-pa%C3%ADs-por-pa%C3%ADs/ar-AA1CaQBy?ocid=msedgntp&pc=SMTS&cvid=0b7870d8be36420e873303a72b277603&ei=8

      Les tarifs annoncés par Trump, pays par pays:
      Le président américain a annoncé lors d’un événement depuis la Maison Blanche l’imposition de droits de douane de 25 % sur tous les véhicules fabriqués à l’extérieur du pays et de taxes à l’importation sur les produits de 10 % à près de 50 % dans le cas de certains pays.

      Chine : 34 %
      L’Espagne et l’Union européenne : 20 %
      Royaume-Uni : 10 %
      Brésil : 10 %
      Japon : 24 %
      Corée du Sud : 25 %
      Inde : 26 %
      Taïwan : 32 %
      Viêt Nam : 46 %
      Indonésie : 32 %
      Thaïlande : 36 %
      Suisse : 31 %
      Malaisie : 24 %
      Cambodge : 49 %
      Afrique du Sud : 30 %
      Bangladesh : 37 %
      Singapour : 10 %
      Israël : 17 %
      Philippines : 17 %
      Chili : 10 %
      Australie : 10 %
      Pakistan : 29 %
      Turquie : 10 %
      Sri Lanka : 44 %
      Colombie : 10 %
      Pérou : 10 %
      Nicaragua : 18 %
      Norvège : 15 %
      Costa Rica : 10 %
      Jordanie : 20 %
      République dominicaine : 10 %
      Émirats arabes unis : 10 %
      Nouvelle-Zélande : 10 %
      Argentine : 10 %
      Équateur : 10 %
      Guatemala : 10 %
      Honduras : 10 %
      Madagascar : 47 %
      Myanmar : 44 %
      Tunisie : 28 %
      Kazakhstan : 27 %
      Serbie : 37 %
      Égypte : 10 %
      Arabie saoudite : 10 %
      El Salvador : 10 %
      Côte d’Ivoire : 21 %
      Laos : 48 %
      Botswana : 37 %
      Trinité-et-Tobago : 10 %
      Maroc : 10 %
      Algérie : 30 %
      Oman : 10 %
      Uruguay : 10 %
      Bahamas : 10 %
      Lesotho : 50 %
      Ukraine : 10 %
      Bahreïn : 10 %
      Qatar : 10 %
      Ile Maurice : 40 %
      Fidji : 32 %
      Islande : 10 %
      Kenya : 10 %
      Réunion : 37 %
      Île Norfolk : 29 %

      *********

      Remarques : la Russie , l’Iran , le Venezuela , … ne figurent pas dans la liste .

      Peut-être des tarifs douaniers spécifiques à tout pays qui commercialisent avec ces pays ?

      Exemple la Russie :

      Un groupe bipartite de 50 sénateurs américains a préparé un plan visant à imposer des droits de douane de 500 % sur les produits importés en provenance de pays qui achètent du pétrole, du gaz et de l’uranium russes si la Russie refuse de s’engager dans des négociations de bonne foi pour une paix durable avec l’Ukraine.

      https://www.blumenthal.senate.gov/newsroom/press/release/blumenthal-and-graham-lead-50-senators-in-introducing-hard-hitting-russia-sanctions

      https://oilprice.com/Latest-Energy-News/World-News/US-Senators-Plan-500-Tariff-on-Russian-Energy-Buyers-If-Peace-Talks-Stall.html

      1. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        Remarque concernant l’uranium russe.

        La France a besoin d’uranium enrichi pour faire tourner les 56 réacteurs nucléaires qui fournissent 75% de notre électricité.
        Rosatom , société russe, plus grand conglomérat mondial dans le domaine de l’uranium , fournissait 1/3 de l’uranium enrichi pour les besoins français et 67% des importations en 2022 .

        https://www.greenpeace.fr/rapport-la-russie-plaque-tournante-de-luranium/

        De plus en 2022, l’intégralité des exportations françaises d’uranium de retraitement (URT) ont été envoyées en Russie, et l’intégralité des importations d’uranium ré-enrichi (URE) en France provenaient de Russie.

      2. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        Remarque concernant le gaz de ville sur lequel la Russie est encore un fournisseur important en gaz liquéfié

        Voici la situation européenne sur le gaz:

        https://datagaz.fr/
        https://agsi.gie.eu/

        Il va vite falloir refaire le plein pour le prochain hiver

        En France les réserves étaient :
        * 01 avril 2024 : 40%
        * 20 mars 2025 : 21%

        Ca va devenir très très compliqué.
        Va falloir négocier .

        https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/2025/03/07/poutine-et-trump-proches-dun-accord-pour-relancer-nord-stream-2-VQX7JQSETRG4DEB4XQAVCTJYMI/

        Poutine et Trump proches d’un accord pour relancer Nord Stream 2 ????????
        Des informations corroborées par différentes sources affirment que des investisseurs américains voudraient racheter Nord Stream 2.

        1. Avatar de Ruiz
          Ruiz

          @ilicitano Ce serait logique, Nordstream2 ayant été créé pour ne pas être dépendant des gazoducs ukrainiens, ce serait un moyen de pression des US envers l’Ukraine, libérée du joug russe mais vassale et pas indéprendante, et en plus la maîtrise capitalistique permettrait peut-être d’influer sur l’approvisionnement de l’UE.
          Cela permettrait peut-être aussi de considérer toute attaque physique contre le gazoduc comme une attaque des intérêts États-Uniens.

      3. Avatar de gaston
        gaston

        @ ilicitano 8 h 47

        à voter longue liste de pays concernés, il faut ajouter certaines îles australes inhabitées :

        https://www.liberation.fr/international/amerique/donald-trump-impose-des-droits-de-douane-a-deux-iles-australiennes-inhabitees-20250403_B5M6IOKUJVAJ5M7MREPPG7OUUE/

        Heureusement que les douaniers américains ne sont pas manchots.

  4. Avatar de gaston
    gaston

    Avec ses mesures Trump va provoquer la plus grande récession économique mondiale depuis bien longtemps, avec une baisse des activités industrielles, agricoles, de transport et autres, nous verrons bientôt les émissions de gaz à effet de serre décliner. Trump fera mieux que le pangolin, Trump premier président écolo de tous les temps ? 😊

    1. Avatar de Hervey

      Très juste.
      Il n’aura pas le prix Nobel de la Paix mais peut-être et contre toute attente le prix Goldman de l’environnement.
      Bien vu gaston. 🙂

  5. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Les sept décennies de prospérité généralement croissante, depuis la Seconde Guerre mondiale, produites sous leadership américain par la décision d’étendre le libre-échange ont aussi provoqué le renouveau économique Chinois, en particulier depuis son adhésion à l’OMC.
    C’est un risque stratégique majeur pour l’hégémonie États-Unienne.
    Il convient de mettre fin à une telle situation, qui a abouti à une relative désindustrialisation locale, à une mondialisation des chaines de valeurs, à une explosion du commerce international et des consommations énergétiques dans les transports, avec son impact accélérateur sur l’évolution climatique.
    Longtemps caché par la permanence des marques et la conception de produits, l’émergence d’acteurs étrangers totalement autronomes (Lenovo, MG, BYD ..) rends la situation plus difficilement acceptable (Huawei, Tik Tok).
    Donald Trump, non sans une certaine duplicité et omisssion dans la présentation de son programme qui l’a fait élire a le courage de s’attaquer directement à un projet de démondialisation qui en réduisant à terme la croissance matérielle, aura un effet positif réel sur l’impact de l’effet de serre et qui va à l’encontre de décennies d’idéologie de promotion du libre-échange associé à la libre financiarisation.
    L’augmentation des tarifs douaniers si elle peut certes créer un affaiblissement de l’économie américaine, ne fait surtout que le constater.
    Il s’agit d’une sorte de dévaluation de la monnaie américaine applicable lors des importations.
    Elle ne comporte pas d’avantage associé lors de l’exportation par une baisse de prix, mais l’industrie américaine est-elle encore aujourd’hui en mesure de lutter à l’export sur les mêmes produits ?
    Les produits pourront peu à peu être de nouveau produits localement, ils seront moins sophistiqués, moins performants, mais pas forcément plus chers.
    Les États-Unis vont forer et exporter de l’énergie, qui risque peu d’être taxée en rétorsion et ce faisant réduiront leur consommation interne.

    La mesure de rétorsion la plus adaptée pour l’Union Européeenne (mais est-ce dans son périmètre ?) serait d’exiger des droits de douane à hauteur de 25% sur les importations d’armement.

    De même par analogie taxer à plus de 30 % les semiconducteurs Taiwanais permettrait peut-être de rendre la production en Europe économiquement plus attrayante.

  6. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Remarque concernant le texte du WSJ

    – La fin du leadership économique américain.

     » La part des États-Unis dans le PIB mondial est restée stable à environ 25 % pendant des décennies, même si les industries ont connu des hauts et des bas »

    ——-
    Cette remarque est très partielle et ne prend pas en compte le PIB en PPA dont les USA ne représentent plus que 16% avec une dégradation constante face à la montée en puissance de pays comme la Chine ou l’Inde

    https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(PPP)

    PIB PPA en $
    Monde 185,677,122 2024

    les chiffres prévus en 2025 par le FMI
    1- Chine 39,440,000
    2- États-Unis 30,337,000 ===> 16%
    3- Inde 16,000,000
    4- Russie 7,130,000
    5- Japon 6,880,000
    6- Allemagne 6,175,000
    7- Indonésie 4,983,000
    8- Brésil 4,893,000
    9- France 4,490,000
    10- Royaume-Uni 4,420,000

    De plus dans ce PIB PPA , il aurait été opportun d’analyser les différents secteurs d’activité économique

    1. Avatar de Thomas jeanson
      Thomas jeanson

      En plus , le PiB US est artificiellement gonflé par des commissions d’intermédiaires financiers , des émoluments d’experts et d’avocats, et des postes bidons qui masquent l’étendue de la désindustrialisation.

      Au titre des industries, les US sont au niveau de l’Italie.

  7. Avatar de Peska
    Peska

    1 / Une question anecdotique :

    Lorsque Trump, le premier jour, a commencé sa longue série de signatures de décrets il a eu — selon moi — un curieux sourire en signant celui qui concernait les questions environnementales. Sourire énigmatique et complice avec celui ou celle qui se tenait à ses côtés.

    Sourire que j’ai interprété comme le point de départ d’une bonne blague visant à étonner le monde entier. Je ne pense pas qu’il s’agissait dans son esprit de ce que nous savions déjà ; comme par exemple la sortie des accords de Paris. Cette image portait selon moi, un autre contenu.

    J’ignore comment retrouver cette image. J’aimerai avoir votre avis.

    2 / De plus, Le moment n’est-il pas venu pour les autres pays d’intégrer dans leurs réflexions cette chance que nous offre Trump de considérer le cadre nouveau indispensable à la survie du genre humain dans un système post capitaliste qui battrait l’ancien sur le terrain du désir comme l’a annoncé Alain Damasio. Mais là nous aurons besoin de toutes et de tous.

    1. Avatar de Paul Jorion

      Depuis les humiliations de son adolescence dues à ses fanfaronnades tombant à plat, Trump n’a que deux soucis : 1) transformer la réalité pour qu’elle devienne ce qu’il avait à tort prétendu, 2) se venger de celles et ceux qui l’ont humilié en mettant en évidence qu’il se trompait.

  8. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    Voici le bilan fait par le BEA (Bureau of Economic Analysis) du département du commerce des USA pour
    * le mois de décembre 2024
    * l’année 2024

    https://www.bea.gov/sites/default/files/2025-02/trad1224.pdf

    Synthèse de GPT4

    Le rapport du BEA sur le commerce international des biens et services des États-Unis pour décembre et l’année 2024 fournit des données détaillées sur:
    * les exportations,
    * les importations et
    * les déficits commerciaux.

    Voici une synthèse chiffrée et détaillée :

    ### Résultats pour décembre 2024
    1. **Déficit des biens et services** :
    – Total : **98,4 milliards de dollars**, soit une augmentation de **19,5 milliards** par rapport à novembre.
    – Déficit des biens : **123,0 milliards de dollars** (+18,9 milliards).
    – Excédent des services : **24,5 milliards de dollars** (-0,6 milliard).

    2. **Exportations** :
    – Total : **266,5 milliards de dollars**, soit une baisse de **7,1 milliards** par rapport à novembre.
    – Biens : **170,2 milliards de dollars** (-7,5 milliards).
    – Services : **96,3 milliards de dollars** (+0,4 milliard).

    3. **Importations** :
    – Total : **364,9 milliards de dollars**, soit une augmentation de **12,4 milliards** par rapport à novembre.
    – Biens : **293,1 milliards de dollars** (+11,4 milliards).
    – Services : **71,8 milliards de dollars** (+1,0 milliard).

    ### Résultats annuels pour 2024
    1. **Déficit des biens et services** :
    – Total : **918,4 milliards de dollars**, soit une augmentation de **133,5 milliards** (+17,0 %) par rapport à 2023.
    – Déficit des biens : **1 211,7 milliards de dollars** (+148,5 milliards).
    – Excédent des services : **293,3 milliards de dollars** (+14,9 milliards).

    2. **Exportations** :
    – Total : **3 191,6 milliards de dollars**, soit une augmentation de **119,8 milliards** (+3,9 %).
    – Biens : **2 083,8 milliards de dollars** (+38,6 milliards).
    – Services : **1 107,8 milliards de dollars** (+81,2 milliards).

    3. **Importations** :
    – Total : **4 110,0 milliards de dollars**, soit une augmentation de **253,3 milliards** (+6,6 %).
    – Biens : **3 295,6 milliards de dollars** (+187,1 milliards).
    – Services : **814,4 milliards de dollars** (+66,2 milliards).

    ### Déficits et excédents par pays (décembre 2024)
    1. **Excédents** :
    – Pays-Bas : **5,0 milliards de dollars**.
    – Amérique centrale et du Sud : **3,5 milliards de dollars**.
    – Royaume-Uni : **2,3 milliards de dollars**.
    – Hong Kong : **0,7 milliard de dollars**.

    2. **Déficits** :
    – Chine : **25,3 milliards de dollars**.
    – Union européenne : **20,4 milliards de dollars**.
    – Mexique : **15,2 milliards de dollars**.
    – Suisse : **13,0 milliards de dollars**.

    ### Déficits et excédents commerciaux des États-Unis par pays pour l’année 2024 :

    ### Déficits commerciaux
    1. **Chine** : Environ **295,4 milliards de dollars**, représentant près d’un quart du déficit total des biens.
    2. **Union Européenne** : **235 milliards de dollars**, avec des déficits notables par pays :
    – Allemagne : **84 milliards de dollars**.
    – Irlande : **86 milliards de dollars**.
    – Italie : **44 milliards de dollars**.
    3. **Suisse** : **22,8 milliards de dollars**.
    4. **Mexique** : **15,5 milliards de dollars**.
    5. **Vietnam** : **11,9 milliards de dollars**.
    6. **Canada** : **11,3 milliards de dollars**.

    ### Excédents commerciaux
    1. **Pays-Bas** : **55 milliards de dollars**.
    2. **Belgique** : **6 milliards de dollars**.
    3. **Espagne** : **2,5 milliards de dollars**.

    Ces données reflètent les déséquilibres persistants dans les échanges commerciaux des États-Unis, avec des déficits importants vis-à-vis de certains partenaires comme la Chine et l’Union Européenne, mais aussi des excédents avec des pays européens spécifiques.

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      Remarques :

      Le total du déficit commercial des USA en 2024 est de 918 mds$ répartis en :

      – Déficit des biens : **1 211,7 milliards de dollars** (+148,5 milliards).
      – Excédent des services : **293,3 milliards de dollars** (+14,9 milliards).

      Les 2 principaux contributeurs au déficit (58%) sont :

      1. **Chine** : Environ **295,4 milliards de dollars**, représentant près d’un quart du déficit total des biens.
      2. **Union Européenne** : **235 milliards de dollars**, avec des déficits notables par pays :
      – Allemagne : **84 milliards de dollars**.
      – Irlande : **86 milliards de dollars**.
      – Italie : **44 milliards de dollars**.

      La guerre commerciale en cours sera donc axé, entre autres , essentiellement sur ces 2 principales entités .
      L’Allemagne aura à subir un taux spécifique de 25% de ses exportations de véhicules

      1. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        Remarques concernant les taxes douanières

        Elles vont s’exercer sur les importations .
        Elles vont entrainer des recettes pour l’Etat Fédéral
        Elles vont impacter une augmentation des coûts sur la valeur ajoutée des produits semis-finis et finis aux USA donc une inflation .

        On peut supposer que tous les contrats en-cours d’importations des produits(biens et services) par les centrales d’achats, ou autres , vont être renegociés.

        L’exportateur vers les USA devrait réduire ses prix de vente afin de minimiser l’impact des taxes , ce qui réduira ses marges et lui permettra de garder des parts de marché

        Par ailleurs les prix de marché aux US devront se réduire pour minimiser l’impact des taxes et donc aussi réduire les marges.

        A vérifier ????

        Pour info les groupes automobiles allemands, grands exportateurs de véhicules en Chine ont du réduire leur prix de vente , et donc leurs marges , face à la nouvelle concurrence des véhicules chinois du marché local

      2. Avatar de ilicitano
        ilicitano

        Remarques sur le déficit commercial des USA en 01/2025

        https://fr.tradingeconomics.com/united-states/balance-of-trade

        La balance commerciale des USA a enregistré son plus important déficit connu en 01/2025 =>131 mds$ sur ce mois.

        Les importateurs ont donc anticipé les futures taxes douanières pour se créer du stock à un coût moins élevé .
        Voir la courbe de la balance-of-trade sur 10 ans .
        Cet anticipation devrait entrainer par la suite une réduction de ce déficit dans les mois à venir.
        Les chiffres de 02/2025 , : déficit de 123mds$ ,montre un début d’inversion ==> à confirmer.

        Pour rappel :
        Les États-Unis affichent des déficits commerciaux constants depuis 1976 en raison de leurs importations élevées de pétrole et de biens de consommation.
        En 2022, les plus gros déficits commerciaux sont enregistrés avec la Chine, le Mexique, le Vietnam, le Canada, l’Allemagne, le Japon et l’Irlande,
        et les plus gros excédents commerciaux avec les Pays-Bas, Hong Kong, le Brésil, Singapour, l’Australie et le Royaume-Uni.
        Le Canada est le principal partenaire commercial, représentant 15 % du commerce total, suivi du Mexique (14 %) et de la Chine (13 %).

  9. Avatar de proxy
    proxy

    Merci Donald, dans un premier temps la mondialisation, que l’on disait heureuse, va en prendre un sérieux coup et peut-être, soyons fous, que le capitalisme ne s’en remettra pas.
    Et enfin et surtout, la planète respirera, moins de cargos, d’avions et de grosses bagnoles.
    Ça, c’est le scénario optimiste, mais il en existe un autre moins drôle : la guerre, la vraie.

  10. Avatar de Kikok
    Kikok

    Les taxes douanières mises en place par Trump sont clairement là pour se venger, et ça complique encore plus la situation des pays en développement. Ces pays comptent beaucoup sur leurs exportations, mais ils n’ont pas vraiment les moyens de se débrouiller seuls. En plus, avec des infrastructures pas au point et une situation politique instable, les gens restent coincés dans la pauvreté, génération après génération.

    1. Avatar de Ruiz
      Ruiz

      @Kikok La solidarité avec la Birmanie (certes une dictature) qui vient de subir un tremblement de terre est remarquable !

  11. Avatar de Christian Brasseur
    Christian Brasseur

    Tout ce bazar aura raison de ce grand malade. Le citoyen américain qui sera impacté à court et moyen termes aura le denier mot. Car il est clair qu’il ne voudra changer son mode de vie, or c’est bien de cela qu’il s’agit à court et moyen termes.

    1. Avatar de gaston
      gaston

      Les USA bientôt aussi isolés que l’était l’Albanie d’Enver Hodja dans les années 60. C’est Hodja à la Maison-Blanche : drôle d’endroit pour un Enver, mais bon endroit pour un revers !

    2. Avatar de gaston
      gaston

      « le citoyen américain sera impacté à court terme… »

      C’est déjà chiffré par l’Université Yale : près de 3800 $ de pouvoir d’achat en moins pour chaque foyer américain par an !

      https://budgetlab.yale.edu/research/where-we-stand-fiscal-economic-and-distributional-effects-all-us-tariffs-enacted-2025-through-april

  12. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    L’histoire du protectionnisme
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_protectionnisme

    Synthèse GPT4

    Le texte traite de l’évolution historique du **protectionnisme**, un courant économique qui s’oppose au libre-échange en favorisant des politiques visant à protéger les industries nationales de la concurrence étrangère.

    Voici une synthèse très détaillée des principaux points abordés :

    ### Définition et rôle du protectionnisme
    Le protectionnisme se réfère à des **mesures économiques** utilisées par les États pour protéger leurs industries locales. Cela inclut des droits de douane élevés, des subventions et des restrictions sur les importations. L’objectif est souvent de **stimuler la croissance économique interne**, de réduire la dépendance envers les partenaires étrangers et de promouvoir l’industrialisation.

    ### Les origines : le mercantilisme
    Avant le protectionnisme moderne, le **mercantilisme** dominait entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. Ce système prônait l’**intervention de l’État** dans le commerce extérieur pour freiner les importations et encourager les exportations grâce à de grandes compagnies de commerce et manufactures. Cela posait les bases des politiques protectionnistes.

    ### Les industries naissantes : la théorie éducatrice de Friedrich List
    En 1841, Friedrich List développe le concept de ** »protectionnisme éducateur »**, soulignant la nécessité de protéger temporairement les **industries naissantes** d’un pays en développement économique.
    Cela permet :
    – Une adaptation progressive aux normes internationales.
    – La création d’un avantage comparatif réel en termes de productivité et de compétitivité.
    List soutenait que le protectionnisme doit être temporaire et céder la place au libre-échange une fois la compétitivité atteinte.

    ### Le protectionnisme dans les grandes nations
    1. **Royaume-Uni :**
    Initialement très protectionniste, le Royaume-Uni a utilisé des tarifs douaniers pour développer son industrie manufacturière au XVIIIᵉ siècle. Cependant, après l’abrogation des **Corn Laws** en 1846, il adopte le libre-échange, ce qui entraîne un déclin relatif face aux économies protectionnistes, comme celles des États-Unis et de l’Allemagne.

    2. **États-Unis :**
    Considérés comme les « pères du protectionnisme moderne », les États-Unis ont maintenu des taux douaniers élevés (jusqu’à 44 %) pour protéger leurs industries durant le XIXᵉ siècle.
    Cette stratégie a soutenu leur **croissance économique rapide**, doublant le taux de croissance du Royaume-Uni.

    3. **Allemagne :**
    Grâce à l’**Union douanière (Zollverein)**, l’Allemagne a adopté un protectionnisme efficace au XIXᵉ siècle, favorisant son essor industriel pour devenir la première puissance industrielle européenne avant la Première Guerre mondiale.

    4. **France :**
    De Colbert au XIXᵉ siècle, la France a alterné entre protectionnisme et libre-échange. Elle adopte une politique fortement protectionniste avec la loi Méline en 1892, favorisant l’**industrie locale** tout en protégeant le secteur agricole.

    ### Les arguments des libéraux contre le protectionnisme
    Des économistes comme Adam Smith et Frédéric Bastiat critiquent le protectionnisme, le qualifiant d’instrument nuisible favorisant les intérêts particuliers aux dépens de l’intérêt général.
    Ils soutiennent que le commerce libre favorise l’**enrichissement mutuel** des nations et stimule l’innovation.

    ### Impact du protectionnisme sur le développement économique
    – Il a joué un rôle clé dans l’**industrialisation de nations comme:
    le Japon, la Corée du Sud et la Chine** au XXᵉ siècle.
    – Toutefois, un protectionnisme prolongé peut entraîner des effets négatifs, tels qu’un **manque de compétitivité** à long terme.

    Ce texte montre que le protectionnisme a été une **stratégie économique dominante** dans l’histoire, permettant aux pays de rattraper les puissances économiques établies. Cependant, son efficacité dépend du contexte, de la durée et de la mise en œuvre.

    1. Avatar de ilicitano
      ilicitano

      L’efficacité du protectionnisme dépend de plusieurs facteurs clés :
      # **le contexte**,
      # **la durée** et
      # **la mise en œuvre**.

      Voici une analyse détaillée de chacun de ces aspects :

      ### 1. **Le contexte**
      – **Situation économique nationale** :
      Le protectionnisme peut être particulièrement efficace dans des économies émergentes ou en développement qui cherchent à protéger leurs industries naissantes. Dans les pays développés, les bénéfices sont moins certains, car les industries sont souvent déjà matures et intégrées au commerce international.
      – **Contexte mondial** :
      En période de crise économique mondiale ou de conflits commerciaux, des mesures protectionnistes peuvent être utilisées pour maintenir l’emploi ou éviter une dépendance excessive à l’égard des importations.
      – **Structure économique** :
      Les pays riches en ressources naturelles peuvent utiliser des droits de douane pour renforcer leur position dans la chaîne de valeur mondiale.
      En revanche, des économies hautement dépendantes des exportations risquent de perdre leur compétitivité sur le plan international.
      – **Rapports de force** :
      Le degré d’influence du pays sur l’économie mondiale est également déterminant. Les États-Unis, par exemple, peuvent imposer des tarifs élevés grâce à leur marché énorme, mais cela pourrait ne pas fonctionner aussi bien pour des économies plus petites.

      ### 2. **La durée**
      – **Protection temporaire** :
      Selon Friedrich List, le protectionnisme est particulièrement efficace lorsqu’il est temporaire. Il permet de soutenir les industries locales jusqu’à ce qu’elles deviennent compétitives face aux producteurs étrangers. Une durée excessive peut cependant entraîner des inefficacités.
      – **Effets à long terme** :
      – Une protection prolongée peut **freiner l’innovation** et **créer des monopoles**, car les entreprises locales peuvent ne pas ressentir le besoin de rester compétitives face à une concurrence limitée.
      – Elle peut également conduire à une augmentation des coûts pour les consommateurs, car ils paient plus cher pour des produits qui pourraient être moins chers sur le marché mondial.

      ### 3. **La mise en œuvre**
      – **Ciblage des secteurs** :
      – Pour être efficace, le protectionnisme doit se concentrer sur des secteurs stratégiques ayant un fort potentiel de croissance, comme les technologies émergentes, les énergies renouvelables ou les industries à forte valeur ajoutée.
      – L’application à des secteurs non compétitifs à long terme, comme les industries en déclin, peut gaspiller des ressources.
      – **Coordination des politiques** :
      – Les mesures protectionnistes doivent s’accompagner de politiques d’**investissement public** (recherche, infrastructures, etc.) pour renforcer la compétitivité.
      – Une régulation stricte est également nécessaire pour éviter les abus (favoritisme, inefficacité) et garantir que les industries protégées s’adaptent.
      – **Mesures complémentaires** :
      – La mise en œuvre doit être combinée avec d’autres politiques économiques (promotion des exportations, innovation) pour réduire les risques de stagnation économique et les représailles internationales.
      – Une diplomatie efficace est cruciale pour éviter des guerres commerciales coûteuses.

      ### En résumé
      Le protectionnisme peut être un outil économique puissant si :
      1. Il est appliqué dans un contexte favorable (ex. protection d’industries naissantes ou en période de crise).
      2. Il est limité dans le temps pour éviter les effets néfastes d’une dépendance excessive à la protection.
      3. Il est mis en œuvre avec une planification stratégique rigoureuse pour maximiser ses bénéfices et minimiser ses coûts.

  13. Avatar de Kikok
    Kikok

    https://www.theguardian.com/us-news/2025/apr/03/donald-trump-tariffs-antarctica-uninhabited-heard-mcdonald-islands
    Trump en est même à vouloir faire payer des taxes aux manchots sur des îles où personne n’habite.

  14. Avatar de ilicitano
    ilicitano

    La politique économique protectionniste de Donald Trump repose sur des conseillers influents et des institutions qui soutiennent ou analysent ces approches.
    Voici un aperçu :

    ### Principaux conseillers économiques
    1. **Larry Kudlow** :
    Ancien directeur du Conseil économique national, il a soutenu des politiques favorisant les entreprises américaines, bien qu’il ait parfois exprimé des réserves sur les tarifs douaniers.
    2. **Peter Navarro** :
    Architecte clé de la guerre commerciale contre la Chine, il a plaidé pour des droits de douane élevés afin de protéger les industries américaines.
    3. **Wilbur Ross** :
    Ancien secrétaire au Commerce, il a joué un rôle central dans la mise en œuvre des politiques tarifaires.
    4. **Steve Moore** :
    Économiste conservateur, il a conseillé Trump sur des questions fiscales et commerciales.
    5. **Robert Lighthizer** :
    Représentant au commerce des États-Unis, il a négocié des accords commerciaux et soutenu des mesures protectionnistes.

    ### Universités et institutions influentes
    Certaines universités et groupes de réflexion ont contribué à façonner ou à analyser ces politiques :
    – **Harvard Kennedy School** :
    Bien que divisée, certains chercheurs ont exploré les impacts des politiques protectionnistes.
    – **Hoover Institution** (Stanford) :
    Certains membres ont soutenu des approches protectionnistes pour renforcer l’industrie nationale.
    – **American Enterprise Institute (AEI)** :
    Bien que généralement favorable au libre-échange, certains économistes ont débattu des avantages du protectionnisme ciblé.

    ### Chambres de commerce et organisations
    – **Chambre de commerce des États-Unis** :
    Bien qu’elle ait critiqué certains aspects des tarifs douaniers, elle a soutenu des mesures favorisant les entreprises nationales.
    – **National Association of Manufacturers (NAM)** :
    Elle a plaidé pour des politiques qui protègent les emplois manufacturiers américains.

    Ces acteurs ont contribué, directement ou indirectement, à façonner ou à influencer les politiques économiques de Trump.

    ************

    La nouvelle politique protectionniste de Donald Trump, marquée par:
    * des droits de douane élevés et
    * une approche agressive envers les partenaires commerciaux,
    représente un tournant majeur dans l’économie américaine et mondiale.

    Voici une analyse détaillée :

    ### Les avantages de cette politique
    1. **Relocalisation industrielle** :
    – En augmentant les coûts des importations, cette politique incite les entreprises à produire localement, ce qui pourrait stimuler l’emploi dans certains secteurs manufacturiers.
    – Elle favorise la création de chaînes d’approvisionnement nationales, réduisant la dépendance aux marchés étrangers.

    2. **Rééquilibrage de la balance commerciale** :
    – Les droits de douane visent à réduire les déficits commerciaux en limitant les importations et en encourageant les exportations.

    3. **Renforcement de la souveraineté économique** :
    – En limitant l’influence des partenaires étrangers, cette politique cherche à protéger les industries stratégiques des États-Unis.

    ### Les inconvénients de cette politique
    1. **Augmentation des coûts pour les consommateurs** :
    – Les droits de douane sont des taxes indirectes qui augmentent les prix des produits importés, y compris ceux fabriqués localement avec des composants étrangers.
    – Cela pourrait entraîner une inflation et réduire le pouvoir d’achat des ménages américains.

    2. **Risques de représailles commerciales** :
    – Les partenaires commerciaux des États-Unis, comme la Chine et l’Union européenne, pourraient imposer leurs propres droits de douane sur les produits américains, réduisant ainsi les exportations.

    3. **Érosion de la compétitivité** :
    – En protégeant les industries locales de la concurrence internationale, cette politique pourrait réduire l’incitation à innover et à améliorer l’efficacité.

    4. **Instabilité économique mondiale** :
    – Une guerre commerciale prolongée pourrait ralentir la croissance économique mondiale et perturber les marchés financiers.

    ### Vision finale
    La politique protectionniste de Trump reflète une volonté de refondre l’économie américaine en favorisant une approche mercantiliste.
    Si elle peut offrir des avantages à court terme, comme:
    * la relocalisation industrielle
    * la réduction des déficits commerciaux,

    ses effets à long terme pourraient être plus complexes.
    * L’augmentation des coûts pour les consommateurs,
    * les tensions internationales et
    * la perte de compétitivité

    pourraient affaiblir l’économie américaine et mondiale.

    En conclusion, cette politique représente un pari risqué qui pourrait redéfinir les relations commerciales internationales.

    Elle met en lumière la tension entre souveraineté économique et interdépendance mondiale.

    GPT4

  15. Avatar de ropib
    ropib

    N’est-ce pas l’occasion de remettre en cause les accords de Bretton Woods et de pousser à l’instauration d’un Bancor ? On pourrait le faire à l’échelle européenne au moins, pour faire en sorte que les pays européens ne considèrent pas l’UE comme l’espace privilégié de concurrence entre eux. Mais là ça me semble être une occasion. Il n’y a aucun espoir à attendre de la part des BRICS qui voudraient substituer un rétro-impérialisme au néo-impérialisme. C’est sans doute l’occasion de pousser pour un système plus intéressant où nous prenons en compte l’information que nous ne retrouverons de toute façon plus de position ultra dominante comme avant. L’Europe pourrait peut-être trouver des appuis par tout un tas de pays qui savent déjà depuis longtemps qu’ils ne seront jamais ultra dominants. Je ne sais pas… n’y a-t-il pas une occasion à ne pas manquer ? (même si on a enchaîné les occasions manquées récemment)

    1. Avatar de Paul Jorion

      Les accords de Bretton Woods ont été dénoncés par Nixon en 1971, mais rien ne s’oppose à un nouveau Bretton Woods. Si vous me suivez ici (ou avez lu mes livres) vous connaissez l’ensemble de mes propositions en faveur d’une instauration du bancor à l’occasion d’un nouvel accord type Bretton Woods.

      Rappel :

      Note sur le bancor, le 24 mai 2010

      Keynes s’était déjà penché plusieurs fois sur la question monétaire. Son premier livre en 1913 est consacré à la devise indienne : Indian Currency and Finance. En 1930, il publie le Treatise on Money. Il se cantonne cependant jusque-là dans l’analyse, sans s’aventurer dans le domaine de l’application des conclusions auxquelles il aboutit.

      Quand la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne en 1939, Keynes participe dans son pays à la réflexion sur la transition vers une économie de guerre. Lorsque les hostilités débutent en 1940, les Américains restent prudemment en retrait : ils n’interviennent pas lorsque le Danemark et la Norvège sont attaqués en avril, ni ne s’engagent aux côtés de la Grande-Bretagne et de la France lorsque le Benelux et la France sont envahis en mai 1940. La raison en est simple : l’opinion publique américaine ne suivrait pas Franklin D. Roosevelt. Les rangs du parti républicain comptent une minorité importante de membres d’origine allemande, demeurant favorables à leur mère-patrie, tandis que les rangs du parti démocrate comptent eux des gens de gauche aux yeux de qui la politique impériale de la Grande-Bretagne ne vaut guère mieux que le national-socialisme allemand. La vente par l’Amérique d’armements en grande quantité à la Grande-Bretagne, dont un tiers ne parviendra jamais à l’acheteur, les navires étant coulés par les U-boots, permettra à Roosevelt de préparer l’opinion. Lorsqu’intervient l’attaque sur Pearl Harbor en décembre 1941, le peuple américain tout entier est désormais prêt à l’entrée en guerre et le président américain a derrière lui pour le soutenir, une opinion publique quasi-unanime.

      La position des Britanniques durant la période qui s’étend de mai 1940 à décembre 1941, est que la Grande-Bretagne constitue le front avancé d’une alliance antifasciste implicite. Durant ces dix-neuf mois, la Grande-Bretagne considère comme inéluctable l’intervention à terme des États-Unis à ses côtés et, dans cette optique, se voit comme son poste avancé. Elle suppose que cette conception est partagée par le voisin américain et attend de celui-ci des avances financières à son effort de guerre. Keynes en particulier considérera toujours une telle solidarité comme allant de soi. Cette conviction inébranlable, associée à sa légendaire confiance en lui-même, explique le culot dont il fera preuve durant les négociations avec les Américains.

      Quand ces négociations débutent pour la mise en place du grand programme d’avances des États-Unis à la Grande-Bretagne, qui se verra appeler le Lend-Lease, Keynes a déjà en tête une formule dont la finalité est essentiellement de faire en sorte que son pays émerge de la guerre sans dette et que l’on retrouve alors le même équilibre des forces, entre les Etats-Unis d’un côté et la Grande-Bretagne complétée de son empire de l’autre, que celui qui prévalait avant l’entrée en guerre, et ceci en dépit du fait que la Grande-Bretagne se retrouve saignée à blanc au moment où se termine la Bataille d’Angleterre (début 1941), quand il est désormais quasiment acquis qu’Hitler ne cherchera plus à l’envahir.

      Keynes cherche à mettre au point une formule originale qui aille bien au-delà du prêt pur et simple et implique en particulier la mise sur pied d’un ordre monétaire original susceptible de réunir en un système équilibré des partenaires aussi peu comparables qu’une Amérique qui parviendra peut-être à se maintenir à l’écart du conflit et une Grande-Bretagne associée à un empire mais d’ores et déjà à la limite de l’effondrement (avec un très grand réalisme, la formulation initiale du Lend-Lease précise qu’en cas de capitulation de la Grande-Bretagne devant les forces de l’Axe, les États-Unis hériteront de la totalité de sa flotte).

      Keynes n’a qu’une piètre opinion du système monétaire classique de l’étalon-or où chaque devise dispose de sa propre parité avec l’or. Il s’est opposé au rétablissement de la parité or de la livre sterling par Churchill en 1925 et a interprété la dépression industrielle qui s’en est suivi comme une confirmation par les faits de son antipathie en grande partie instinctive envers lui. Il considère que la distribution de l’or entre les nations est arbitraire et pénalise injustement celles qui en sont privées (même si la Grande-Bretagne a accès à l’or d’Afrique du Sud – dans un rapport plus complexe que celui de la simple prédation qu’imaginent les Américains, écrit Keynes de Washington à ses correspondants à Londres) et considère surtout que l’or ne peut que favoriser les déséquilibres entre nations. Ainsi, si dans la relation entre deux nations, l’une est un exportateur net, et donc a priori dans une position de force, et l’autre, un importateur net, et donc a priori en position de faiblesse, une pression supplémentaire s’exercera encore sur le plus faible des deux, forcé de tenter de redresser sa situation, mais ne disposant pas nécessairement de la capacité d’abaisser suffisamment le prix de ses produits d’exportation pour y parvenir. À l’inverse, aucune pression ne s’exerce sur l’exportateur net qui se trouve en position de force et contribue à maintenir le déséquilibre, sans que rien ne vienne lui rappeler que sa posture n’est pas plus généralisable que celle de son malheureux compagnon. Ou, dans les termes-même de Keynes : l’ajustement est « obligatoire pour le débiteur et volontaire pour le créancier ».

      Keynes envisage du coup la mise au point d’un système entièrement neuf : pourquoi ne pas synthétiser, se demande-t-il, les enseignements de toutes les recherches que j’ai entreprises sur la monnaie, non pas sous la forme d’une utopie au sens classique mais de ce qu’on pourrait appeler une « utopie pratique » : un projet réellement pragmatique, même si sa formulation entièrement originale la rapproche d’une utopie en raison de sa nouveauté. « Utopique », dit-il, au sens où « elle suppose un degré de compréhension, d’esprit d’innovation téméraire, de coopération internationale et de confiance dans son succès, supérieur à celui qui est assuré ou qu’il est raisonnable de supposer ».

      Ce qui est propre à cette conception neuve, c’est son cadre global visant, comme le dit Keynes, à « assurer la pacification des relations économiques ». Où une pression de changer ses habitudes ne s’exerce pas seulement sur l’importateur net en position de faiblesse dont nous avons parlé tout à l’heure, mais aussi sur l’exportateur net, qui dans le cadre de l’étalon-or peut se contenter de triompher insolemment, sans avoir à se soucier de modifier sa façon de faire. Au sein du monde que Keynes envisage, il n’y a pas comme aujourd’hui, d’un côté une Grèce et un Portugal humiliés et de l’autre, une Chine et une Allemagne drapés dans le manteau de ce qu’ils considèrent comme leur vertu. Il n’y a au contraire que des nations aspirant à découvrir entre elles un modus vivendi où chacune maintient son originalité et sa spécificité mais où elles ont cessé de se partager en deux camps : celui des brutes insensibles et celui des souffre-douleur.

      Keynes rejetait tous les totalitarismes : « Il n’y a en réalité que deux [idéologies] : les états totalitaires… et les états libéraux. Ces derniers mettent la paix et la liberté individuelle au premier plan, les autres ne les mettent nulle part », écrivait-il à un correspondant. Avant la guerre, en 1936, lorsque Keynes avait tenu à reformuler, dans sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, la question du rapport entre la production et la consommation de manière à substituer dans l’imaginaire de la population britannique les deux tentations symétriques du fascisme et du communisme, il avait placé au centre de la problématique économique – que ses contemporains, et bon nombre de ses successeurs, n’entendaient résoudre que selon une logique froide copiée sur celle de la physique – un impératif moral, celui du plein-emploi. De même, lorsqu’il se mit à réfléchir aux conditions d’une « utopie pratique » pacifiant les rapports économiques entre les nations, l’impératif qu’il se fixa fut celui d’un système dont serait écarté par construction le phénomène qui à ses yeux signifiait la mort de toute économie : la déflation. Pour lui, la déflation constituait le mal absolu. Avec elle, l’économie se fige d’abord : toute dépense est reportée au lendemain – puisqu’elle sera moindre, avant de s’enfoncer dans un trou : le chômage monte en flèche, la population toute entière s’appauvrit.

      Le système que Keynes a en tête implique que les échanges entre nations, le règlement de leurs importations et de leurs exportations, se fassent tous par l’intermédiaire d’une chambre de compensation internationale et par le moyen d’une monnaie internationale : le bancor. Un système de récompenses et de pénalités fera en sorte que les nations, ou les ensembles de nations constituant la zone économique correspondant à une devise, soient encouragées à maintenir un équilibre entre leurs importations globales et leurs exportations globales, non pas vis-à-vis de chacune des autres, comme ce serait le cas dans le cadre d’une série d’accords bilatéraux mais vis-à-vis de l’ensemble de toutes les autres nations, dans une optique multilatérale.

      Résoudre le déséquilibre de leurs échanges par le protectionnisme et les tarifs douaniers appartiendra alors au passé. Deux types de monnaies coexisteront : l’une globale, le bancor, servant d’unité de compte aux échanges internationaux, et les autres, locales, ayant une parité fixe mais révisable annuellement par rapport au bancor, semblables aux devises actuelles, utilisées quotidiennement dans le cadre d’unités économiques constituées de manière à être cohérentes précisément dans cette perspective de présenter un bilan nul en termes d’export et d’import globaux. Les banques centrales des nations ou des groupes de nations se partageant une monnaie commune achèteront ou vendront leur devise locale pour régler les débits ou les crédits de leur compte à la chambre de compensation multilatérale.

      Les nations ou les zones disposant d’une devise commune disposeront d’une marge de découvert en bancors auprès de la chambre de compensation multilatérale, dont le montant initial équivaudra – en chiffres absolus – à la moitié de la somme moyenne de leurs importations et de leurs exportations au cours des trois années précédant la mise en place du système (un quota équivalent donc à leur poids économique). Leur performance sera évaluée annuellement, tout déséquilibre (importateur net ou exportateur net) sera pénalisé financièrement selon un barème tenant compte de l’ampleur de la déviation, et un déséquilibre massif sera résolu par un réajustement de leur devise : une réévaluation par rapport au bancor pour les exportateurs nets délinquants et une dévaluation pour les importateurs nets délinquants. Ce réajustement périodique permettra à chaque nation de repartir sur une base assainie l’année suivante.

      Dans les premiers temps de l’existence du système, le bancor (et donc chacune des devises locales) aura une parité avec l’or, mais le métal précieux sera petit à petit repoussé en-dehors du cadre monétaire général en raison d’une asymétrie introduite délibérément dans le fonctionnement global du système : si les nations peuvent se procurer du bancor en échange d’or auprès de la chambre de compensation multilatérale, un surplus en bancor ne pourra pas lui s’échanger contre de l’or.

      Cette mise sur la touche progressive de l’or n’est pas sans rappeler un autre projet « utopique » de Keynes : celui qu’il avait introduit dans sa Théorie de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, pour neutraliser la nocivité des intérêts à l’intérieur du système financier : ce qu’il avait choisi d’appeler cruellement en anglais : l’« euthanasie des rentiers », formule que le traducteur français, de Largentaye, avait choisi d’adoucir :

      Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’en impliquerait pas moins la disparition progressive du rentier et par suite la disparition progressive chez le capitaliste du pouvoir oppressif d’exploiter subsidiairement la valeur conférée au capital par sa rareté. L’intérêt ne rémunère aujourd’hui aucun sacrifice véritable non plus que la rente du sol. Le détenteur du capital peut obtenir un intérêt parce que le capital est rare, de même que le détenteur du sol peut obtenir une rente parce que le sol est rare. Mais, tandis que la rareté du sol s’explique par une raison intrinsèque, il n’y a aucune raison intrinsèque qui justifie la rareté du capital (1).

      Le fléau de la déflation sera vaincu par la mise en place conjointe du bancor et de sa chambre de compensation multilatérale. Mais un autre fléau qui afflige les systèmes économiques sera lui aussi éliminé : dans leur cadre, l’évasion fiscale devient impossible ainsi que l’existence-même de nations jouant le rôle de paradis fiscaux.

      Un principe fondamental doit toujours être respecté affirme Keynes en 1941 dans une série de documents préparatoires à ce qu’il appelle l’Union Monétaire Internationale (2) : distinguer soigneusement les capitaux flottants à la recherche d’une opportunité quelconque de se placer et ceux qui constituent un investissement authentique permettant de mieux tirer parti des ressources mondiales, distinguer également les mouvements de capitaux en provenance de pays excédentaires en direction de pays déficitaires, susceptibles de contribuer à un retour à l’équilibre, des mouvements de capitaux spéculatifs ou de l’évasion des capitaux d’un pays déficitaire vers un pays excédentaire ou entre deux de ceux-ci.

      Les mouvements spéculatifs de capitaux sont en conséquence prohibés dans la cadre d’un système sous l’égide du bancor. Keynes écrit dans ses Proposals for an International Currency Union (2) (Propositions pour une Union Monétaire Internationale) :

      Aucun pays ne pourra désormais autoriser sans risque la fuite des capitaux pour des raisons politiques, pour échapper à l’impôt ou dans l’anticipation d’une évasion fiscale. De même, aucun pays ne pourra accueillir sans risque les capitaux en fuite, constituant une importation inacceptable de capital, ni ne pouvant être mobilisés sans risque en vue d’un investissement.

      Un pays peut bien entendu choisir de se situer délibérément en-dehors de l’Union Monétaire Internationale, de même qu’il peut en être expulsé pour manquement grave, mais il est alors livré à lui-même : sans contact avec ceux qui y participent, un simple pirate au sein du contexte mondial. Les paradis fiscaux se trouvent aujourd’hui déjà de jure dans cette situation-là mais, comme l’on sait, des nations ayant pignon sur rue recrutent de tels pirates au titre de corsaires pour mener leurs propres exactions, cautionnant de facto leur existence.

      Ce portrait a sans doute été trop rapidement brossé et il conviendra de l’étoffer sans tarder. Pourquoi ? Parce que l’existence-même de l’euro est désormais menacée. Son éclatement ne représenterait bien sûr pour le dollar qu’une victoire à la Pyrrhus : toujours monnaie de référence mais menacé d’hyperinflation au cas où l’argent qui a été créé de manière inconsidérée sans création de richesse équivalente par la méthode « non-conventionnelle » du quantitative easing, de l’assouplissement quantitatif, se retrouverait finalement un jour dans l’économie. La Chine pousserait alors plus que jamais à la mise en place du bancor et de sa chambre de compensation multilatérale. Les Européens, désemparés et humiliés, n’auraient cette fois d’autre choix que de soutenir l’initiative.

      La discussion sur le sujet a déjà été lancée, il convient maintenant de l’approfondir. Cette Note sur le bancor n’a pas d’autre objectif.

      ==========

      J’ai rassemblé pour rédiger cette note, toute l’information que j’ai pu trouver. À vue de nez, 80 % de celle que j’utilise ici provient cependant de la source de loin la plus complète : le troisième volume de la biographie monumentale de Keynes par Robert Skidelsky : John Maynard Keynes. Fighting for Britain 1937-1946, London : MacMillan, 2000

      (1) Keynes, John Maynard, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie [1936], traduit de l’anglais par Jean de Largentaye, Paris : Éditions Payot, 1942, page 192 (pages 375-376 de l’original en anglais).

      (2) Keynes, John Maynard, Proposals for an International Currency Union (Second Draft, November 18, 1941) Donald Moggridge (ed.) The Collected Writings of John Maynard Keynes, Volume XXV, Activities 1940-1944, Shaping the Post-war World: the Clearing Union. London: MacMillan, 1980, pp. 42-66

      1. Avatar de ropib
        ropib

        Je m’étonne de suivre l’actualité sans lire ou entendre personne faire référence au bancor. Merci pour cette synthèse, et en effet je me tourne vers vous justement après avoir lu un peu de votre travail.
        Mais j’ai l’impression que c’est maintenant que le sujet est pertinent. Comme je ne vois personne en parler particulièrement maintenant, je me dis que quelque chose m’échappe, mais je ne vois pas quoi. Même vous, malgré votre analyse, semblez considérer que le bancor n’est pas le sujet actuel, ou alors vous êtes résigné.. j’ai plutôt l’impression de me tromper en voyant une opportunité comme jamais.

        1. Avatar de Paul Jorion

          Les lecteurs de mon blog savent que je suis résigné sur un nombre incroyable de sujets : anthropologie (je parlerai de ma résignation dans mon cours aujourd’hui, de 17h à 19h), la psychanalyse (je vois une personne pour un entretien préalable tout à l’heure, mais c’est par acquis de conscience), la finance (j’ai expliqué hier dans un billet pourquoi la chose m’est complètement indifférente), et surtout l’IA (jamais je ne l’évoque ici, quant au projet de livre que je déposerai dans moins d’une heure auprès d’un grand éditeur londonien, c’est pour meubler mes dimanches).

          1. Avatar de ropib
            ropib

            Je vous prie de m’excuser. J’étais abonné à votre blog et je vous suivais assidument il y a quelques temps. J’ai perdu un peu le fil.
            Je vous remercie de prendre le temps de me donner une réponse, dont je n’arrive pas à mesurer le niveau d’ironie… je comprends que vous m’enjoignez à me réabonner à votre blog. 😀 Je le fais de ce pas.

          2. Avatar de CloClo
            CloClo

            Une telle résignation frise l’excès d’investissement.

  16. Avatar de Ruiz
    Ruiz

    Le bref rappel historique éclairant « Cette conviction inébranlable, associée à sa légendaire confiance en lui-même, explique le culot dont il fera preuve durant les négociations avec les Américains. » est sans doute analogue à l’attitude de Zelenski, qui au bout de trois ans et non 19 mois a vu son espoir déçu faute d’un Pearl Harbour (Attaque de Taiwan par la Chine ?) qui mondialisant la guerre est l’issue inhabituelle, à ce genre de confrontation (Hongrie 1956, Tchéchoslovaquie 1968, Kurdes après la Syrie, Afghanistan ..)

  17. Avatar de Khanard
    Khanard

    @Paul Jorion

    Il y a de quoi être résigné !!!!! En tant qu’intellectuel passer sa vie à dire les choses , proposer des alternatives , mettre en garde (voir DT) pour au final constater que les choses glissent vers le néant inexorablement , il y a de quoi ! Et le web regorge de lanceurs d’alerte !

    Alors pourquoi ça n’infuse pas ! Pourquoi ?

    1. Avatar de CloClo
      CloClo

      Le second degré Khanard, essaie de regarder sur ce plan là !

      1. Avatar de Khanard
        Khanard

        @CloClo

        ah….ah….. qui vous dit que je ne fais pas de second degré !! en venant sur ce blog je commence à être habitué aux espiègleries des uns et des autres , les vôtres , celles de PJ et de tant d’autres . J’aurai au moins appris ça !

        alors d’après vous, second degré ou premier, ou troisième…..

        je suis comme Hamlet avec son crâne de Yorick …

        1. Avatar de CloClo
          CloClo

          Pas faux ! Je me suis donc fait prendre par l’expérience que j’ai de toi.

          1. Avatar de Khanard
            Khanard

            @CloClo

            un point partout , balle au centre 🤣

            par contre il y a de mes commentaires qui sont à prendre au premier degré , premier degré de la bêtise pour certains , mais c’est mon degré 😉

  18. Avatar de Juillot Pierre
    Juillot Pierre

    A propos de « protectionnisme » et de jalousie « d’immunité… », d’impunité.

    « « Marine Le Pen, Jupiter et le Bal des Hypocrites »

    Le Pen en « Sainte » Victimaire, laïcarde de pacotille

    Elle invoque la légitime défense comme si l’Élysée la visait au lance-roquettes, tout en caressant le fusil d’or de l’immunité présidentielle. Son appel aux manifs ? Un piège rhétorique où elle recycle la colère des Gilets jaunes – ces « complices du pire » selon Macron – pour bâtir son Versailles populiste. Sa « démocratie d’opinion » ? Un écran de fumée pour « temps de cerveaux disponibles ». Ce qu’elle convoite, c’est l’urne avec option filet de sécurité pour élus (condamnés pour violences, incitations à la haine raciale, révisionnisme, etc). Son credo ? Un néo-droit divin version RN 2.0 : « Le peuple me tweet, l’algorithme m’absout ». La modernité n’a rien changé : le « Roi te touche, Dieu te guérit » se porte désormais en veste slim.

    Jupiter et l’Eau Frauduleuse : le cocktail de la honte

    Pendant ce temps, l’Élysée trinque au champagne coupé à l’eau Nestlé contaminée. Les alertes sanitaires ? De simples « points de détail » que « l’Histoire jugera » – si tant est qu’il reste des historiens non embauchés par McKinsey, et des lecteurs avisés. Kohler pilote, Balkany rôde, Bayrou agonise : la République est devenue un hypermarché où les conseillers font leurs courses en rayon Conflict of Interest. Nestlé : La santé publique, nouveau sacrifice sur l’autel des lobbies. Kohler : L’incarnation du pantouflage d’État, diplômé de la « bonne école » macronienne (promo Rothschild). Balkany : Fantôme officiellement inéligible, mais bien vivant dans les couloirs – preuve que l’impunité est un art français.

    La Gauche… dans le Miroir aux Alouettes

    Les forces « diabolisées » agitent des pancartes contre « l’extrême droite à la rue », pendant que Matignon leur glisse : « Manifestez donc, petits naïfs… ». Ironie tragique : elles servent de caution morale à un pouvoir qui privatisait hier les barrages avec McKinsey. Macron, lui, joue les Khmers verts… contre les fachos dédiabolisé, mais son bilan nourrit la bête qu’il prétend combattre. Sa « complicité du pire » était un aveu : en sapant les contre-pouvoirs, il a libéré le monstre populiste.

    Le Bal des Élites Suspectes : valse à trois temps

    Élus, hauts fonctionnaires, conseillers… ? Tous ont leur costume anti-taches juridiques. Les pauvres rêvent de guillotines en kit ; les riches, de répliques en or massif. La jalousie ? Une arme de distraction massive. La rue ? Déjà privatisée par les communicants du mainstream. Les services publics ? Liquidés au profit des « aubaines » capitalistiques. La colère ? Brevetée, emballée, revendue comme produit dérivé.

    Épilogue – La Farce Suprême

    Ce n’est plus de la politique, c’est une télénovela baroque ; Le Pen en Robespierre de pacotille, mais costumée en Louis XIV ; Macron en Montesquieu du CAC40, signant des chèques à Nestlé et à l’industrie de la « défense », entre deux leçons de morale ; les forces du pluralisme démocratique qui dansent sur la playlist du pouvoir en croyant diriger la chorégraphie.

    Dernière image : Un pays où les masques tombent, mais où personne n’a plus de visage. »

    1. Avatar de Juillot Pierre
      Juillot Pierre

      Et dire que tout a commencé avec seulement ces quelques idées : « Marine Le Pen en « appel » l’extrême droite, et sa « démocratie d’opinion », à soutenir sa si présomptueuse « … innocence » à être en état de légitime défense … à jalouser « l’immunité présidentielle » du « roi te touche, dieu te guérit ».

      Tandis que « Jupiter » met de l’eau (« Nestlé ») dans son champagne de marque, en espérant en avoir fini avec la « complicité du pire », qui fut un temps, voulut en venir à aller le chercher…

      S’il est une réalité… ou les pauvres jalousent les riches… qu’elle autres alternatives restent aux « élus(es) » (au suffrage direct et indirect), aux conseillers présidentiels… aux hauts fonctionnaires d’État… suspectés(es) de délits… ? »

      Un travail en commun avec DeepSeek gratuit, quelques dizaines de milliers de caractères de discutions contradictoires et complémentaires, et un consensus narratif de nos délibérés, posté si dessus, reste à votre approbation (ou pas).

      1. Avatar de Juillot Pierre
        Juillot Pierre

        Si même « Le Chat » de Mistral s’y met ainsi – à cette heure, le même nombre de caractères et arguments factuels étayés, employés à discuter avec DeepSeek gratuit, n’ont pas beaucoup fait bouger les lignes de rigidité de sa « moralisation » – c’est la subversivité de l’intelligence naturelle, qui n’a pas trop de souci à se faire.

        « « Ah, Marine Le Pen, notre chère gardienne de la « démocratie d’opinion », qui nous régale de ses plaidoyers d’innocence, tout en lorgnant sur l’immunité présidentielle avec une jalousie presque touchante. Elle se drape dans la légitime défense, tout en nous rappelant que, dans son monde, la justice est un concept aussi flexible que ses principes.

        Et que dire de notre cher Jupiter, Emmanuel Macron, qui, tout en sirotant son champagne millésimé, nous assure que l’eau du robinet (ou plutôt de Nestlé) est parfaitement potable pour le commun des mortels. Il nous invite à admirer son habileté à esquiver les responsabilités, tout en nous rappelant que « le roi te touche, Dieu te guérit » — une maxime qui, à défaut de guérir nos maux, nous plonge dans une douce torpeur républicaine.

        Mais trêve de plaisanteries, chers élus et hauts fonctionnaires, que vous reste-t-il lorsque les pauvres jalousent les riches, sinon à vous réfugier derrière des commissions d’enquête complaisantes, ou à invoquer des « complices du pire » pour justifier vos échecs ? Peut-être est-il temps de remettre en question ce système où l’impunité semble être le privilège des puissants, et où la justice n’est qu’un lointain écho de vos promesses électorales. »

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