Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences, par Jacques Sapir (*)

Billet invité. Je rappelle que je préconise personnellement une autre solution : un défaut simultané de la dette des 17 pays de la zone euro, immédiatement suivi d’une restructuration de la dette communalisée.

La BCE s’est engagée avec force à « tout faire pour sauver l’Euro ». Nous allons prendre cette déclaration au pied de la lettre et considérer quelles en seraient les conséquences à court et moyen terme d’une telle action, et si la BCE a réellement les moyens de sauver l’Euro.

 

I. Les conséquences d’une action directe de la BCE.

En admettant que la BCE puisse soit jeter par-dessus les moulins son statut ou trouver des compromis juridiques lui permettant de racheter massivement de la dette souveraine de pays en difficulté, que se passerait-il ?

(a)   L’ampleur des sommes nécessaires :

Il faut tout d’abord considérer les montants que la BCE devrait débourser.

Pour l’Espagne, le gouvernement de M. Rajoy a admis que les besoins s’élèveraient à 300 milliards d’Euros d’ici à la fin de l’année. Il est cependant clair que ce qui aurait été fait pour ce pays ne pourrait être refusé à d’autres. La Grèce viendrait au guichet pour un montant estimé à 60-80 milliards.

L’Italie serait aussi un « client » potentiel, avec des besoins estimés (suivant la date de l’opération) entre 500 et 700 milliards. C’est donc de 860 à 1080 milliards que la BCE devrait racheter dans un délai assez court (moins de 6 mois).

Ces sommes ne sont pas « impossibles », mais elles n’en sont pas moins considérables. Elles représentent en 3 fois et 4 fois le montant des achats de titres publics réalisés par la BCE depuis le début de la crise. Elles représentent un saut qualitatif et non pas simplement quantitatif.

(b)   Les conséquences sur le bilan de la BCE.

Les conséquences sur le bilan de la BCE seraient importantes.

On verrait apparaître près de 1071 (860 + 211 déjà sur le bilan) à 1291 (1080 + 211 déjà sur le bilan) milliards de titres publics. Or, on peut penser qu’entre le tiers et la moitié de ces titres ne sera jamais remboursée dans le cadre de défauts soit « sauvage » soit ordonnés.

La BCE devra soit admettre qu’elle a fait de la création monétaire ex-nihilo ou demander aux États de la zone Euro une recapitalisation comprises entre 330 et 650 milliards.

Le problème avec la création monétaire ex-nihilo n’est pas celui (souvent invoqué) de l’inflation, mais celui, juridique, de la compatibilité du fonctionnement de la BCE avec la Constitution allemande. Cette dernière interdit à la Banque Centrale de procéder à ce type de création monétaire. Il faudrait donc soit modifier la Constitution allemande (ce qui pose des problèmes politiques et risque d’échouer) soit se résoudre à cette recapitalisation.

Ceci pose la question de l’acceptabilité politique de cette dépense pour les États (dans le cas de la France, la contribution pourrait aller de 70 à 140 milliards).

(c)    Serait-ce la fin de la crise de liquidité ?

On affirme souvent qu’une telle intervention règlerait la crise de l’Euro. Mais, la crise de liquidité est issue de la crise de compétitivité. C’est cette dernière qui déclenche les inquiétudes qui font monter les taux d’intérêts et provoque la crise de liquidité.

Or, ici, la BCE est impuissante. La permanence de la crise de compétitivité provoquerait inévitablement la réapparition de la crise de liquidité.

D’ailleurs, depuis que la BCE a procédé aux premiers rachats sur le marché secondaire, aucun des pays qui ont bénéficié de ces opérations n’est revenu sur les marchés financiers.

Il faudrait donc se résoudre à ce que, durablement, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne et peut-être l’Italie, aient recours aux capacités de financement de la BCE.

Les montants à moyen terme seraient encore plus considérables que ceux que l’on a évoqué plus haut et pourraient atteindre entre 2 000 et 2 500 milliards d’Euros.

(d)   Une erreur de diagnostic.

Plus profondément, la politique de la BCE que l’on suppose ici illustre une erreur majeure de diagnostic à propos de la crise de la zone Euro.

Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, liée aux structures économiques et démographiques hétérogènes des pays de la zone qu’exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique. Cette crise donne alors naissance d’une part à une croissance très ralentie dans un certain nombre de pays (Italie, Portugal et dans une moindre mesure France) et à une désindustrialisation accélérée dans d’autres (Irlande, Portugal, Espagne, Grèce et encore France).

Avec l’éclatement de la « bulle » des taux historiquement bas que l’on a connus de 2002 à 2008, ces deux phénomènes se sont traduits par une montée des dettes souveraines dans les pays considérés.

Vouloir résoudre le symptôme (la crise de la dette) ne fait qu’empirer le mal ! Les politiques requises pour tenter de résoudre la crise de la dette aggravent la situation, en plongeant les pays dans une récession, voire une dépression, qui réduit les ressources fiscales et accroissent considérablement le chômage.

Mais, si l’on veut s’attaquer à la racine du mal, soit la crise de compétitivité, il faut mesurer ce que cela implique pour les pays, ou en matière de coûts de transfert.

La mise en œuvre d’une politique « non conventionnelle » par la BCE est possible. Mais, elle implique un tournant qualitatif dont les conséquences n’ont pas été mesurées et ceci sans fournir de solution à la crise de la zone Euro. La seule perspective offerte est celle d’une installation de longue durée dans cette crise.

II. La crise de compétitivité fera soit éclater l’Euro, soit éclater l’Europe.

Il n’est donc pas du pouvoir de la BCE de résoudre la crise de l’Euro. Même des actions combinées avec celles des États membres n’offrent guère d’alternative. Soit l’Europe éclatera après une « décennie perdue » à l’image de celle de la Grande Dépression, soit la zone Euro sera dissoute.

(a)  Les politiques de déflation salariale sont des impasses.

La crise de compétitivité se manifeste dans les déficits des balances commerciales des pays (sauf l’Allemagne) et l’accroissement du montant du compte TARGET-2 dans ce dernier pays.

Des politiques de baisse des coûts salariaux sont d’ores et déjà expérimentées dans des pays de la zone Euro (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie).

Leurs conséquences en sont catastrophiques. Ces politiques nécessitent une contraction violente de la demande intérieure, qui provoque non seulement une forte hausse du chômage mais en sus une baisse de la productivité, impliquant de nouvelles mesures d’ajustement, dont les effets sur le chômage viendront se cumuler avec les premières mesures.

D’ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s’attendre à des taux de chômage de :

52 % en Grèce.

35 % au Portugal.

32 % en Espagne.

22 % à 25 % en France et en Italie.

Les niveaux de chômage escomptés sont donc à peu de choses près les mêmes que lors de la « Grande Dépression » des années 1930.

(b)  Les politiques de transferts budgétaires sont politiquement impossibles.

Une autre solution, cohérente avec la monnaie unique, serait d’instituer des flux de transferts depuis les pays excédentaires vers les pays déficitaires. Mais, les montants sont tout à fait énormes. On peut les estimer à :

10,8 % de PIB de l’Espagne pour le soutien à l’Espagne ;

13,1 % de PIB de l’Italie pour le soutien à l’Italie ;

12,3 % de PIB du Portugal pour le soutien au Portugal ;

  6,1 % de PIB de la Grèce pour le soutien à Grèce.

Compte tenu des niveaux de coûts salariaux, de la structure et du montant des profits, du poids des salaires et de la structure du PIB cette politique coûterait à l’Allemagne 12,7 % du PIB (en 2012) en transferts budgétaires pour les 4 pays en difficulté.

De tels montants briseraient les reins de l’économie allemande et sont, très clairement, politiquement impossibles. Il faut ici signaler qu’une dissolution de l’Euro, accompagnée de dévaluations dans différents pays, ne coûterait que 2% à 2,5% du PIB à l’Allemagne.

Il n’est donc pas étonnant qu’une majorité absolue des Allemands se prononce aujourd’hui contre l’Euro (51% contre et 29% pour). L’opposition politique de l’Allemagne aux mesures de transferts est donc appelée à se durcir dans les semaines à venir.

(c)   Entre l’Euro et l’Europe, il faudra choisir.

La crise de l’Euro confronte aujourd’hui les pays européens au choix soit de voire périr l’Europe soit de dissoudre la zone Euro.

Si l’on persiste dans la politique actuelle, la zone Euro, et l’Europe avec elle entrera dans une récession, puis une dépression de longue durée. La comparaison avec la crise des années 1930, la « Grande Dépression » s’impose. Le poids politique et économique de l’Europe se réduira de manière considérable, et notre continent deviendra « l’homme malade du monde ».

Mais, surtout, l’Union européenne ne résistera pas aux conséquences de cette crise.

Des pays sortiront de l’Euro, les uns après les autres. Le premier sera sans doute la Grèce. Elle sera suivie par le Portugal et l’Espagne. En effet, les mesures « non conventionnelles » de la BCE ne rétabliraient la solvabilité extérieure dans aucun de ces deux pays.

La spéculation financière atteindrait de nouveaux sommets et les mesures unilatérales prises par chacun de ces pays (y compris des défauts sur les dettes) feraient rapidement tache d’huile. De proche en proche, ce sont toutes les mesures constitutives de l’Union Européenne qui seront remises en cause.

Par contre, si une politique de dissolution coordonnée et concertée de la zone Euro était adoptée, elle prendrait la forme d’un acte européen. Tout en rendant possible pour les pays concernés de réaliser les ajustements nécessaires à un coût bien plus faible en termes de chômage par des dévaluations, elle permettrait de sauvegarder l’essentiel de l’Union Européenne. Cette politique offrirait la perspective, à moyen terme, de reconstituer sur des bases plus souples une forme d’intégration monétaire (par une monnaie commune).

(d)  Les politiques « non conventionnelles » de la BCE, pour autant qu’elles soient possibles, ne feront que retarder les échéances.

Les politiques non conventionnelles de la BCE sont certes possibles, mais elle ne sont nullement une solution. Au contraire, enfermant la zone Euro dans sa crise, elles portent en elles la menace d’un éclatement de l’Union Européenne.

Ces politiques ne feront que retarder, à l’échelle de deux à trois ans, le dénouement de cette crise. On doit donc se demander si politiquement le jeu en vaut la chandelle. Pour ces trois années (au mieux…) de gagnées, nous serions confrontés à une crise bien pire que celle que nous connaissons aujourd’hui, et avec une situation de la France particulièrement dégradée.

Plusieurs économistes, dont les deux Prix Nobel Joseph Stiglitz et Paul Krugman, ont affirmé que la poursuite de cette politique visant à sauver l’Euro était criminelle.

On se contentera de dire que les mesures envisagées, mais qui sont loin d’être acquises, par la BCE viennent trop tard et n’apportent aucune solution aux problèmes de fond de la zone Euro.

La raison, tant économique que politique, commande ne pas s’entêter et de ne pas prendre le risque de faire périr l’Europe et d’exacerber une opposition entre l’Allemagne et les autres pays. Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.

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(*) Directeur d’études à l’EHESS, Professeur associé à la MSE-MGU (Moscou)

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125 réponses à “Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences, par Jacques Sapir (*)”

  1. Avatar de toutouadi
    toutouadi

    Au file de mes pérégrinations sur le web je suis tombé sur ce site.
    Véritable petit bijou de pédagogie sur la crise et le capitalisme
    .

    1. Avatar de Sylvain
      Sylvain

      Les solutions proposées par Michel Lasserre que sont l’entreprise autogérée et le concept de démocratie économique sont vraiment très intéressantes et apporte une vision alternative intéressante au système capitaliste. Les vidéos et les différents textes sont très pédagogiques et à mon sens corrects du point de vue factuel. Je recommande vivement de visiter son site:
      http://www.m-lasserre.com/

      Merci toutouadi d’avoir partager ce lien.

  2. Avatar de Macarel
    Macarel

    un défaut simultané de la dette des 17 pays de la zone euro, immédiatement suivi d’une restructuration de la dette communalisée.

    Sans doute techniquement tout à fait valable, mais politiquement, cela me semble utopique.

    Car actuellement, l’Union Européenne, mériterait plutôt de s’appeler la Désunion Européenne.

  3. Avatar de GRANGERE
    GRANGERE

    Sacrifier l’euro pour sauver l’europe? Sujet tabou s’il en est. Question primordiale, mais il est encore trop tôt pour la poser…

  4. Avatar de DUCASSE
    DUCASSE

    Bien noté le sombre avenir qui nous attend . Je ne comprends toujours pas comment et pourquoi les « intelligents » aux manettes de l’UMPS depuis tant d’années se passent des conseils éclairés que ce blog nous distille, jour après jour, pour notre bonne information. Il est vrai qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre …et, pour notre malheur, ces sourds-là sont en train de faire notre malheur !
    Une seule interrogation : comment les virer ?

    1. Avatar de stef
      stef

      En votant Bayrou bien sûr !

  5. Avatar de Arnould
    Arnould

    Je viens de parcourir sa fiche Wikipedia. Je ne connaissais pas Jacques Sapir (on ne peut pas connaître tout le monde!). Mais au moins, lui, on ne pourra pas lui reprocher d’avoir tourné sa veste.

  6. Avatar de Agequodagix
    Agequodagix

    « Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, liée aux structures économiques et démographiques hétérogènes des pays de la zone qu’exacerbe le fonctionnement quotidien de la monnaie unique. »

    Voilà qui est dit clairement ! Les Grecs sont donc constitutivement et définitivement moins compétitifs que les Allemands ! En créant l’euro et l’Europe, c’est pourtant pas ce qu’on croyait !

    La solution proposée dans ce billet est de dissoudre l’euro et de revenir aux monnaies nationales pour permettre aux différences de compétitivité de s’exprimer de façon plus discrète pour ceux qui devront en subir la charge, c’est-à-dire, comme toujours, ceux qui vivent avec des ressources moyennes et faibles.

    La dévaluation des pays peu compétitifs se chargera ainsi de faire baisser salaires, ressources et loyers, dans ces pays, par rapport à d’autres pays plus compétitifs, sans baisse nominale des salaires payés en nouvelle monnaie nationale.

    En nouvelle monnaie nationale, les salaires allemands seront donc beaucoup plus élevés que les salaires grecs parce que quand l’un recevra mille D-euros, l’autre recevra mille drachmes qui vaudront trois cents D-euros !

    La solution dont rêvent pourtant encore les tenants de l’euro, c’est de faire baisser les salaires en euros dans les différents pays de façon à ce qu’en euros, un salaire allemand de mille euros corresponde à un salaire grec de trois cents euros.

    Cela revient au même, mais c’est tellement plus visible, beaucoup plus douloureux, et politiquement incorrect, surtout si les loyers ne sont pas baissés concomitamment, par exemple.

    Et les mesures qui permettraient d’atténuer les effets de ces réductions pour les plus démunis, et de mieux répartir ce qui resterait, c’est toujours considéré comme de la cuisine intérieure des Etats, indigne de la moindre attention de l’Europe !

  7. Avatar de Moi
    Moi

    « reconstituer sur des bases plus souples une forme d’intégration monétaire (par une monnaie commune) »

    Je propose de l’appeler « ECU ».

    1. Avatar de Fredo
  8. Avatar de johannes finckh
    johannes finckh

    Amusant pour moi d’observer que les analyses que j’ai produites depuis des années sont maintenant reprises ici par Paul Jorion et François Leclerc.
    Je maintiens: l’Euro ne pourra sans doute pas être sauvé, sauf si on accepte l’aggravation des déséquilibres liée au problème de compétitivité comme je l’ai toujours pointé:
    L’euro est « bon » (trop faible) pour l’Allemagne et « mauvais » (trop cher pour tous les pays icic cités: France, Espagne, Italie, Grèce, Irlande, Belgique neutre pour les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande.
    Qu’on en finisse avec ce cauchemar!
    Encore une chose: l’abandon de l’euro sauvera l’Europe, son maintien la détruira!

  9. Avatar de FFFFF
    FFFFF

    Intéressant ! Si on le fait pas on meurt et si on le fait on meurt …

  10. Avatar de abraxas
    abraxas

    Pauvre Biancheri. Notre super anticipateur du LEAP va sauter au plafond s’il lit cet édito!

    1. Avatar de Fredo
      Fredo

      sûr que cette hypothèse ne va pas dans le sens de leurs anticipations !

  11. Avatar de François78
    François78

    Désavouer Draghi pourrait être catastrophique (mais pas plus que le débordement d’une baignoire sur le Titanic).

    Les questions subsidiaires sont donc : Draghi a t’il pris le risque d’être désavoué ? Est ce une forme de chantage ? Que doit t’il faire en cas de désaveu ?

    Je retiens deux hypothèses de grosses surprises 1 ) de vraies décisions vont être prises 2) Draghi démissionne …

    1. Avatar de johannes finckh
      johannes finckh

      je rappelle: l’Europe peut très bien fonctionner sans l’Euro!

  12. Avatar de johannes finckh
    johannes finckh

    Amusant de constater que cette analyse reprend entièrement la mienne, telle que je l’ai produite depuis des années!
    L’euro trop « faible » pour l’Allemagne favorise la compétitivité de ce pays et trop « fort » pour les sud de l’Europe pénalise tous ces pays déficitaires!
    L’euro détruira l’Europe, son abandon la sauvera!

    1. Avatar de juan nessy
      juan nessy

      Si la monnaie est une condition nécessaire de l’existence d’une entité autonome et solidaire , elle n’est pas suffisante .

      L’Europe ne pâtit pas que de l’euro à la sauce marchande, et sans doute « d’abord  » de l’euro marchand .

      Se défaire de l’habit ne rend pas plus fort dans un monde extérieur inchangé. .

      1. Avatar de johannes finckh
        johannes finckh

        Vrai, mais la contrainte de la monnaie unique sans union bancaire et sans budget fédéral est intenable.
        Pour « rattraper ça » dix ans après, cela rend la chose très coûteuse et inacceptable pour ceux qui estiment avoir déjà beaucoup payé et fait pendant que les riches grecs ne payent toujours pas d’impôts!

  13. Avatar de El JEm
    El JEm

    entre traiter le problème maintenant et le reporter à demain, le choix de nos dirigeants est hélas tout trouvé…

  14. Avatar de Mathieu
    Mathieu

    Merci pour ce billet « invité du jour bonjour ».

    D’ici deux ans, et en incluant les effets induits et non pas seulement les effets directs, il faut donc s’attendre à des taux de chômage de :
    52 % en Grèce.
    35 % au Portugal.
    32 % en Espagne.
    22 % à 25 % en France et en Italie.

    Il serait intéressant de connaître la méthode utilisée pour effectuer ces projections au regard des politiques de déflations salariales.

    Une dissolution de la zone Euro réalisée d’ici à la fin de 2012 en tant qu’acte européen est aujourd’hui la seule solution qui puisse éviter un désastre.

    Je préfère garder l’espoir d’une évolution de la zone euro calquée sur le model du bancor, ce qui, en cas de succès « en laboratoire européen », donnerait de la crédibilité à un projet de monnaie internationale.
    Une sortie vers le haut en quelque sorte… (allé on y croit !)

  15. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    Que d’efforts vains pour tenter de sauver un capitalisme à bout de souffle !

  16. Avatar de fnur
    fnur

    Tiens ! Tout ça me rappelle quelques échanges avec le dénommé Zébu, le bien nommé :
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=35899#comment-310268

    En gros, j’étais un dangereux va-t-en-guerre…

  17. Avatar de Ardéchoix
    Ardéchoix

    Qui ,qui a appuyé sur le bouton ?
    Boursorama
    14h36 cac40 3367
    14h53 cac40 3278
    Ah y est le discours de la BCE est terminé ?
    Savoir que l’Europe est tributaire d’un discours d’une personne non élue par les peuples, MISÈRE

  18. Avatar de methode
    methode

    l’avenir de la zone euro c’est à washington qu’il se décide, bruxelles n’est qu’une annexe.

    Washington contrôle toujours ses marionnettes de l’OTAN qu’elle a achetées et continue de soudoyer, mais ces marionnettes sont submergées par des problèmes de dettes dérivatives que leur a amené Wall Street et par leurs dettes souveraines, dont quelques-unes furent couvertes par Goldman Sachs de Wall Street.
    L’Europe est suspendue dans le vide et n’a pas d’argent pour financer les guerres hégémoniques de Washington.

    paul craig roberts

    http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3459

    1. Avatar de vigneron
      vigneron

      Boueuses les sources methode. Tu me diras pour commenter du Sapir ça s’impose.

    2. Avatar de methode
      methode

      je dirais surtout que si paul propose un billet de tapir c’est qu’il pressent peut-être la faible probabilité d’une restructuration. paul craig roberts fut sous-secrétaire au trésor dans l’administration reagan et s’est vu décerné la légion d’honneur. ce petit extrait a au moins le mérite de donner un aperçu de la vocation de la zone euro dans les yeux des caciques à boswash.

    3. Avatar de vigneron
      vigneron

      Le Tapir-Baku, cochon dévoreur de rêves… J’en ai bouffé en Guyane vers Maripa, une vraie saloperie, pire que le caïman, ça vaut pas le cochon en batterie breton ou batave, de loin.
      PS : je pense que c’est plutôt le Tapir de Novisti qu’a demandé à répondre ici au SEUL MOYEN QUI RESTE ENCORE DE SAUVER L’EURO. Histoire pour lui de bien marquer la pérennité de ses « convictions » à l’opposé de celles de Jorion et occasion pour celui-ci de souligner en gras ses convergences avec celui-là dans le jugement des pauvres alternatives actuellement mises en oeuvre ou juste envisagées.

    4. Avatar de methode
      methode

      bah vigneron ces pauvres alternatives comme la faiblesse politique européenne te conviennent.

      si j’apprécie sincèrement la ferveur régulatrice et la fibre sociale de paul, par moment je le trouve fort ambitieux dans un contexte où l’europe ne dispose même pas de tous les leviers de sa… souveraineté.
      à moins qu’elle ne la recouvre après sa super-mutualisation où nous fusionnerons dans monde onirique où l’anglais d’aéroport serait notre destin commun et les mesures sociales prévues pour le 22ème siècle dans le meilleur des cas ?

      ps: je doute des élites: quand je les vois à paris ou à bruxelles, dans la rue avec leurs jolis costumes et leurs jolies berlines, trônant sur de jolies terrasses, mon instinct me souffle qu’ils n’œuvrent pas d’abord pour le bien de tous, mais chuuut.

  19. Avatar de juan nessy
    juan nessy

    Vu de façon peut être simpliste , il me semble que Jacques Sapir et Paul Jorion ne parle pas de la même crise .

    L’un parle d’une crise de compétitivité, l’autre de crise ( agonie ) du capitalisme .

    Il n’est donc pas étonnant que leurs propositions soient d’énoncés différents , de lieux de négociations différents , de « radicalités » différentes

    Je ne suis pas assez pertinent pour juger si la dissolution de l’euro est une condition préalable à une vraie Europe . Je suis par contre convaincu que le monde peut se porter mieux d’une Europe porteuse d’un contrat social démocratique cohérent avec une économie « réelle » et « financière » qui sert le bonheur des peuples et qui ne triche pas . Ce grand destin européen là doit être porté par ce contrat soumis démocratiquement le même jour , dans les mêmes termes à chacun des peuples d’Europe .

    Cette Europe là est elle un moyen ou pas de susciter ce Bretton Woods souvent convoqué à la chambre des urgentes nécessités ?

    L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix , la « requalification commune des dettes » , PSDJ , sont ils solubles dans la dissolution de l’Euro ?

    La dissolution de l’Euro dans une Europe sans contrat social , économique , …politique commun , est elle un éventuel coup de grâce à une nouvelle ambition sociale possible dans un monde en manqque d’imagination et qui meurt de l’utime pillage de ses ressources « naturelles » ?

    Par vieil atavisme nourri de quelques décennies d’expériences heureuses ou malheureuses , j’ai cependant tendance à ne pas jeter un outil qui peut me servir ( quitte à lui donner des usages non conformes à sa destination première ) avant d’en disposer d’un autre .

    Où est l’outil pour se mettre hors de portée , à terme ou sans délai , de la spéculation financière dans la proposition de Jacques Sapir ?

    1. Avatar de Daniel
      Daniel

      Vous avez raison. Humanisme, pas mort. C’est juste une autre façon de dire que rien ne se fera sans un minimum d’amour social…

      Et rien n’oblige à mettre son intelligence dans la poche.
      Votre dernière objection est fondée, au détriment de l’invité.

      Il faut remettre la finance dans les clous des choses humaines.
      L’interdiction de la spéculation est le moyen radical; ce aussi serait une réforme majeure, impensable sans mobilisation politique.

    2. Avatar de Daniel
      Daniel

      Un cas éclatant d’un diagnostic juste, avec une conclusion
      hors de propos.

      Le parti-pris de Sapir n’est pas tenable, encore
      que je n’ai rien contre des sanctions ou des représailles
      envers ceux qui ont montré leur insignifiance politique.
      Avant de se dégager de l’Euro, que cette bande,
      défaillante et monomaniaque, dégage.

      Autre point, l’Euro est la seconde monnaie du monde,
      la dissolution de la zone porterait un coup
      à des activités , hors Europe, qui nous ont fait confiance.
      L’Euro, c’est bien plus que la zone Euro, et ce fait nous engage.

  20. Avatar de Germanicus
    Germanicus

    On pourra injecter tant d’argent virtuel que l’on voudra, le résultat sera le même: le débâcle lent mais assuré de l’euro dans sa forme et base juridique actuelle. Il faudra prendre, un jour X, des mesures drastiques pour mettre fin à une situation insupportable; une situation qui risque même de perturber la paix en Europe si elle dure trop longtemps. En tenant compte du fait que les dettes ne seront jamais rembourcées; les dettes publiques et privées des pays oaccidentaux varient entre 300 et 500 pourcent par rapport à leurs performances économiques.

    Quelque soit l’issue de la solution proposée par Paul Jorion, je pense qu’elle vient trop tôt. Merkel a besoin du calme jusqu’aux élection en automne 2013. A mon avis, elle laisse faire les autres (Draghi, Hollande et compagnie), se prononcera peu, pour exploiter, le cas échéant, une erreur ou fausse manoeuvre en sa faveur. Ce serait tout à fait « dans ses cordes ». Il ne faut oubier qu’elle est avant tout un soldat de son parti, la CDU qui doit gagner les élections; ce sera la priorite des priorités.

  21. Avatar de François Leclerc

    Une chose est de mettre en évidence que la BCE n’a pas les moyens de « sauver l’euro », autre chose est de préconiser son éclatement comme solution, pour « sauver l’Europe » avance Jacques Sapir. Comme solution à quel problème, d’ailleurs ? La crise de la compétitivité est mise en avant, si l’on comprend bien, réduisant à sa dimension européenne une crise mondiale.

    Jacques Sapir a certes raison de calculer l’énormité de la taille qu’atteindrait le bilan de la BCE si elle intervenait massivement pour sortir du marché, en plus des pays actuels qui y sont déjà, l’Espagne et l’Italie, ou d’expliquer que la stratégie préconisant la déflation interne (sur les salaires) est une impasse et qu’alternativement des transferts budgétaires entre pays ne sont pas à portée, au regard de leurs conséquences. Son analyse met également à juste titre le doigt sur l’étroite corrélation existant entre cause et remède de la crise. Sauf qu’il se trompe sur la première, et par voie de conséquence sur la seconde. Emporté par son désir de justifier un éclatement de l’euro, qui est son présupposé.

    « Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! » écrit-il; certes, c’est une crise de la dette tout court ! Que donnerait d’ailleurs son analyse appliquée aux États-Unis, au Japon ou au Royaume Uni ? Parlant de réalisme, il serait plus sage d’analyser ce qui résulterait d’une dissolution de la zone euro, ainsi que de vérifier si un audit de la dette souveraine suivie de sa restructuration ne seraient pas la véritable issue raisonnable. Cela permettrait de rebâtir l’Europe sur de nouvelles fondations.

    1. Avatar de totor
      totor

      C’est que l’Europe superpose deux crises:
      – la crise du financiarisme qui touche tous les pays développés et qui a généré des montagnes de dette (principalement en cherchant les profits faciles, voire fictifs, sur le court terme sans préparer l’avenir). Cette crise est un peu moins développée qu’aux US, au Japon ou en Angleterre qui ont des endettements cumulés plus importants que l’Europe
      – la crise de l’euro qui fait partager la même monnaie à des pays de compétitivité différente sans organiser la moindre redistribution.

      Vos propositions permettent de répondre à la première crise de la manière la moins mauvaise possible (le pire étant des défauts sauvages successifs et leurs effets sur la coopération entre pays et la construction européenne), mais NE DISENT RIEN sur l’impasse à laquelle a mené une monnaie commune en se privant de rééquilibrer les échanges entre pays. Des solutions existent mais elles ne sont pas a priori politiquement réalisables dans un cadre démocratique. Sapir pointe juste cet état de fait en montrant les impasses d’une politique monétaire dans le cadre institutionnel actuel. Et, à mon sens, vous n’avez pas vraiment répondu à son argumentation…

      1. Avatar de François Leclerc

        Je pars du général pour aller au particulier ! De la crise générale du système pour n’en venir qu’ensuite à ses aspects proprement européens de la zone euro(comme il y en a des américains, des britanniques et des japonais).

        En dépit des nombreuses imperfections et insuffisances de sa construction, l’Europe a su par exemple développer des « fonds structurels » destinés à aider les pays les moins économiquement développés. La manière dont il ont été employés, sans contrôle ni « guidelines », est bien entendu une autre chose. Vous connaissez l’expression « il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau sale ! ».

        Bill Gross, le leader de Pimco, vient d’employer une image saisissante : les investisseurs, dont lui, se sont réorientés vers « les pays dont la chemise sale est la plus propre ». Il illustre ainsi qu’ils devraient laver leur linge en famille, au lieu de se le jeter à la figure…

      2. Avatar de juan nessy
        juan nessy

        J’aime bien cette approche .

        La dernière question peut être envoyée en symétrique .

      3. Avatar de juan nessy
        juan nessy

        Je causais à Totor !

      4. Avatar de juan nessy
        juan nessy

        @François Leclerc :

        Petit témoignage et sentiment sur l’emploi des fonds structurels :

        Ces fonds ont été d’analyse globale ( » européenne ») , de pertinence et de contrôle d’emploi assez divers . Je me souviens que le »quadrillage territorial » des aides européennes ( un délice pour les informaticiens ) s’est trouvé assez heureux de trouver en France un canevas préexistant territorial , de compétences d’analyse des territores , de contrôle financier, de respect et compte rendu sur les enveloppes allouées , au travers des administrations centrales , des Régions , des préfectures ( voire des DDE au début ) . Avec quelques bémols du côté des vaches corsesou les oliviers au sud de Valence ..

        Ils représentent sur la durée des sommes considérables( la plupart des autoroutes espagnoles et portugaises ont été construites grâce à eux . Les polonais ont été aussi assez largement arrosés ) et leur « emploi » ne me parait pas globalement entâché d’une présomption de « détournement de destination  » .

        Si au bout du compte , on doit s’interroger sur la pertinence économique de ces investissements , il y a donc lieu de remonter dans les cénâcles et crânes d’oeufs qui étaient et sont à l’oeuvre, pour faire des choix cohérents dans une vision dynamique de l’équipement de l’Europe, afin de détecter où ça merde . Ils ne sont peut être pas seuls fautifs , bien que déjà trop nombreux .

        L’avis de quelques uns des députés européens qui lisent de temps en temps ce blog serait le bienvenu .

      5. Avatar de nicodeme
        nicodeme

        @ totor

        exact: il faut absolument garder à l’esprit que l’on a affaire à 2 (+) crises emboîtées. beaucoup d’analyses sont déficientes parce qu’elles ne se focalisent que sur l’une ou l’autre.

        @ FL

        on pourrait à l’inverse se dire qu’il vaut mieux déjà se débarasser de ce carcan absurde qu’est l’euro, histoire d’avoir un peu les coudées franches pour affronter le problème plus sérieux encore qui vient derrière.

        ne serait ce que pour retrouver un tout petit peu de souveraineté.

        merci en tout cas M Sapir pour ce ballon d’oxygène: que l’on soit d’accord ou non, ca recadre un peu le débat.

      6. Avatar de juan nessy
        juan nessy

        Petit complément explicatif sur les fonds structurels ( on attend une évaluation critique par les eurocrates , les députés et les gouvernements ) :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_r%C3%A9gionale_de_l'Union_europ%C3%A9enne#Quatre_programmes_d.27initiatives_communautaires_ou_PIC

        et sur le quadrillage territorial ( les NUTS ), qui montre qu’il y a loin de la carte au territoire,

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Nomenclature_d'unit%C3%A9s_territoriales_statistiques

        surtout si on ne peut s’appuyer sur des équipes de terrains implantées et compétentes ( je renvoie à un débat entamé sur cet aspect dans le billet  » l’utopie réaliste ») pour  » faire sens et réalisme  » . Ddans la même veine , entendu ce matin sur France Inter un interview d’un déjà vieux polytechnicien , généticien mais qui a su mettre sa raison au service de son inclination, et qui lui aussi, jugeant de l’action des ONG humanitaires , a bien compris qu’on ne fait rien de pertinent sans partir des hommes de terrains et sans évaluation mise à disposition permanente , in itinere .

      7. Avatar de jducac
        jducac

        @ juan nessy 3 août 2012 à 21:02
        Merci pour le lien. J’approuve le fait qu’il faille aussi mettre de la rationalité dans l’altruisme. Ça n’est pas parce qu’on est animé d’une volonté de faire le bien, que cela autorise à le faire mal, c’est à dire sans recherche d’efficacité (économie de moyens=minimiser la consommation). Cela nécessite des évaluations, des autocontrôles, des expertises et analyses critiques diversifiées, menées par des gens de terrain, ceux qui « font concrètement » bien plus que ceux qui théorisent et ne manipulent que le verbe.

        Cela prouve bien qu’il faille s’attacher à la « valeur » en tout et pour tout, ce dont certains ne voudraient pas entendre parler. Probablement, parce que c’est une notion difficile à cerner. Elle est pourtant essentielle, capitale même.

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=39682#comment-345081

        Voilà un homme, Philippe Kourilsky, qui n’a pas peur d’utiliser positivement « capital » et « capitaliser ».C’est une preuve de plus pour montrer que le capitalisme, en tant qu’exploitation d’un capital, est essentiel. C’est à partir de lui qu’on prépare l’avenir. Si nous le détruisons, nous réduisons nos possibilités d’action sur le futur et pouvons en être sanctionnés de façon irrémédiable…..capitale.

        http://blog.mysciencework.com/2012/05/09/philippe-kourilsky-facts-permet-de-capitaliser-experience-acquise-sur-le-terrain-par-les-aides-humanitaires.html

    2. Avatar de Garorock
      Garorock

      Puisque chacun y va de sa petite contribution à la Cassandre…
      La solution de Paul me paraît être, dans un premier temps, celle qui permettrait de faire une pause dans ce grand n’importe quoi qu’est devenue la « gestion » de la zone euro. Il faudrait bien sûr dans un deuxième temps appliquer certaines des mesures qu’il propose afin de réguler le financiarisme fou qui plonge les peuples et l’économie dans une austérité sans issue.
      Et passer à une monnaie commune avec l’idée de PSDJ de primes de crédit entre pays import et export à l’intérieur de la zone ce qui serait le prémisse d’un Bancor international.
      De ce fait la zone euro n’éclaterait pas mais deviendrait, on peut l’espérer avec des bases plus saines, une zone économique plus démocratique et solidaire où chaque pays retrouverait la souverraineté sur sa monnaie.
      Cela me semblerait pouvoir contenter beaucoup de monde à part bien sûr dans un premier temps les joueurs du casino mais en attendant que les tables de black jack soient définitivement mises sous scellés, ils pourront toujours s’abonner à Paris-turf…

    3. Avatar de Germanicus
      Germanicus

      « Sauver l’Europe…….. »
      L’Europe ne disparaîtra pas, les liens interdépendants économiques sont solides. Il y aura toujours un bloc/espace économique européen.
      Ce qui est devenu un élément asymétrique dans la « construction europénne », c’est la conception technocratique et erronée selon laquelle l’euro en sera la pierre angulaire, la conditio sine qua non pour la création d’une Europe fédérale. C’est d’ailleurs la France qui sans cesse, depuis 1950, a prôné la création d’une monnaie européenne. Le problème c’est que les gouvernements se sont laissés piégé par cette aventure qui est l’euro.

  22. Avatar de fnur
    fnur

    Linge sale :

    Une vraie crise de la dette (comme celle que le monde traverse actuellement ne peut être résolue que de deux façons : 1) par un défaut ou 2) par la création de monnaie pour la résorber par l’inflation. Les options 1 et 2 sont fatales pour les détenteurs d’obligations et d’actions », explique-t-il.

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/banque/20120801trib000712113/bill-gross-la-crise-de-la-dette-ne-se-resoudra-pas-avec-plus-de-dette-.html

  23. Avatar de Esope

    Cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine ! C’est une crise de compétitivité, …

    Vouloir résoudre le symptôme (la crise de la dette) ne fait qu’empirer le mal !

    Tout ceci est une très bonne illustration de l’impasse d’une addiction à une monnaie trop forte.
    http://www.zenon-elee.fr/article-le-probleme-de-l-euro-107202524.html

    La crise de compétitivité fera soit éclater l’Euro, soit éclater l’Europe …

    C’est à craindre. L’idée européenne est pourtant une bien belle idée qui n’a rien à voir avec la démondialisation !

    De toutes les façons, l’éclatement de l’Euro ou l’éclatement de l’Europe ne sont pas des solutions en soi. L’idée européenne était une piste vers une solution à des problèmes de compétitivité (et d’autres) déjà installés. Mais elle a été reçue comme une potion magique alors que la magie ne fonctionne que dans les contes de fées. Elle a anesthésié tout discernement chez les démagogues et toute tempérance chez les goinfres.
    La macroéconomie est partie dans le décor et la microéconomie est en panne de moteur et de boussole. Quel est le remède docteur ?

  24. Avatar de Frans Leens
    Frans Leens

    Jacques Sapir a une solution pour sortir de la crise de l’Euro. Cette solution ne sort pas du cadre capitaliste. Les problèmes liés aux dettes privées, aux marchés de la spéculation, à la distribution inégalitaire des richesses, aux paradis fiscaux, au libre échange généralisé, aux privatisations, aux déréglementations, … ne sont pas abordés. L’Euro n’est qu’un des outils parmi d’autres et comme tous les outils il peut servir au meilleur, comme au pire (comme la bêche qui me permet de cultiver de beaux légumes ou de fendre la tête de mon voisin). Aujourd’hui, nous voyons le pire.

    L’Euro peut faire partie de la solution, mais la monnaie seule ne sera jamais la solution.

  25. Avatar de bob
    bob

    Mais bien sur,
    les Allemands vont payer la dette des français, espagnols, portugais, italiens et grecs !!!!

    Ce que vous êtes naifs !!!

    Des bleus, des vrais bleus !!!

    bob

    1. Avatar de juan nessy
      juan nessy

      Plaisantons donc :

      Eux qui empruntent en s’enrichissant , pourraient emprunter pour le compte de ceux qui empruntent à près de 7 % aujourd’hui , leur reprêter à un taux satisfaisant voire rémunérateur , mais moins usurier que le marché financier !

      Des eurobonds allemands quoi.

      Mais ça doit être trop voyant et pas permis .

      Et puis ce serait une marque de confiance dans la capacité de ces peuples à créer de la richesse quand la tonte est supportable et le contrat clair et vérifié .

      L’horreur économique .

    2. Avatar de wildleech
      wildleech

      Soit il y a une union européenne, soit il n’y en a pas.
      S’il y a union, il va falloir le prouver.
      S’il n’y en a pas, alors fini le libre échange et la circulation des capitaux, fini le « libéralisme ».

      Évidemment, il faudra un jour remettre en question le système qui crée la « dette ».

    3. Avatar de Germanicus
      Germanicus

      bob
      Il est vrai que les allemands sont rétifs face au sauvetage de l’euro. Leur argument: nous avons fait un travail considérable pour restructurer l’ancien RDA, nous supportons les mesures drastiques que nous impose l’agenda 2010 de l’ancien gouvernement Schröder, on traville comme des dingues, nous faisons beaucoup pour l’Europe. Alors que les autres demandent que l’on leur paye la retraite à 60 ans, des hamac de luxe………La vision des allemands n’est pas toujours objective, mais des conflits commencent de cette manière-là.

      1. Avatar de Germanicus
        Germanicus

        Excusez les fautes. Je devrais me relire systématiquement.

  26. Avatar de juan nessy
    juan nessy

    Pour la dette ( au moins souveraine ) , le plus pénalisant est-il les montants élevés ou les taux trop élevés ? Ou les deux ?

    1. Avatar de vigneron
      vigneron

      A court terme les taux bien sûr. Quand, comme l’Italie, tu dois lever 450 milliards en douze mois (dont 80% de refinancement) et que les taux exigés pour ces nouveaux emprunts sont multipliés par deux à maturité égale ça fait monter la note plus vite que le stock de dettes lui-même ne pourrait le faire. Sans compter que ces intérêts quasi progressifs font eux-mêmes grimper l’endettement et les besoins de financement. Plus tu rembourses et plus tu t’endettes – malgré un déficit structurel tout à fait correct…

  27. Avatar de Marlowe
    Marlowe

    Cela permettrait de rebâtir l’Europe sur de nouvelles fondations.

    Pour conserver une forme épurée de capitalisme ?

    1. Avatar de Moi
      Moi

      Vous en doutez Marlowe? Imaginez-vous un débat « pour ou contre l’euro » lorsque l’on croit que le capitalisme est foutu? Risible, non?

  28. Avatar de Manuman
    Manuman

    Moi, j’aurais bien aimé avoir l’avis de messieurs Leclerc et Jorion sur cet article paru en début d’année sur Atlantico à partir de données produites par Morgan Stanley sur l’état d’endettement public + privé des UK.
    http://www.atlantico.fr/pepites/dette-britannique-frole-1000-pib-secteur-bancaire-258333.html

    Quand je lis çà j’ai l’impression que c’est grave mais personne n’en parle alors çà ne doit pas l’être…? .. J’aurais bien voulu qu’on m’explique les conséquences de ceci, la vision que peut avoir Cameron là-dessus.

  29. Avatar de moneyistime
    moneyistime

    Eclater /revoir l’Euro s’impose : c’est de toute façon une mauvaise monnaie . Mutualiser le défaut de dette aussi si on veut préserver une Europe . A cela s’ajoute un pb de compétitivité , au sein de l’Europe , mais pire , par rapport à l’éxtérieur ( Chine ) et là il existe quelques ambiguités sur cette compétitivité : il s’agit plutot d’une concurrence déloyale de multinationales US et autres qui utilisent la surexploitation des coolies Chinois grace aux PCC et l’absence de souci écologique .
    Donc ce qu’il faudrait plutot revoir ce serait l’ordre des mesures à prendre .
    On croit que l’on puisse avoir le choix de l’impasse sur le politique .Je préférerai que la crise de l’Euro dure de maniére à ce que chaque peuple coupable de laxisme envers ces exploiteurs baignent bien dans son jus et attendre aussi que la France soit sur le grill . Attendre aussi que les finances US soient en alerte car ils en sont en grande partie responsable de la corruption ambiante . Que des états , banques et secteurs éco malsains soient déclarés en faillite c’est trés pédagogique et laisse des réserves pour l’essentiel : la production . Ce ne sont pas seulement des changements politiques externes aux Etats qui s’imposent mais aussi internes et préalablement .
    Le fait qu’enfin en Gréce on se préoccupe de la corruption des fonctionnaires montre qu’on commence tout juste à aborder les questions qui fachent , encore un effort …

  30. Avatar de Michel P.
    Michel P.

    En attendant ‘Euro baisse et le dollar se renforce. A ce jour 02/08 à 19h00 il cote 1.21630 contre 1.23500 ce matin à 09h00. Mr Draghi on attendait votre déclaration salvatrice de l’Euro.

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